Resultats par mot-clé : 'récidive'


Nombre de resultats : 37 article(s) - 44 analyse(s) brève(s) - 0 Synthèse(s)


Cette étude randomisée contrôlée, pragmatique et ouverte de bonne qualité méthodologique démontre, après une période de 6 mois, que la consommation d’une à une tasse et demie de café par jour apporte un bénéfice statistiquement significatif dans la prévention des récidives de fibrillation ou de flutter auriculaire chez les patients ayant subi une cardioversion réussie en raison d’une fibrillation auriculaire persistante, et ce par rapport aux patients qui limitaient fortement leur consommation de café à deux tasses par semaine au maximum. Ces résultats se limitent toutefois à une population de personnes ne consommant pas de manière excessive du café ou des produits contenant de la caféine et ne présentant pas d’intolérance connue à la caféine.

Cette étude multicentrique, randomisée, contrôlée et en design ouvert montre que chez des patients sélectionnés, sans récidive d’arythmie > 1 an après une ablation par cathéter de la FA, l’arrêt de l’anticoagulation, comparativement à sa poursuite, réduit significativement le risque de survenue du critère composite (AVC + embolie systémique + hémorragie majeure) à 2 ans, principalement grâce à la diminution des hémorragies majeures, sans augmentation démontrée des évènements ischémiques. Cette étude est de bonne qualité méthodologique, notamment grâce à une randomisation correcte et à la mise en aveugle des évaluateurs. La population très sélective limite toutefois la généralisation des résultats.

Cette étude multicentrique, ouverte, randomisée et contrôlée, menée selon une méthodologie rigoureuse montre que chez les patients ayant subi une ablation par cathéter pour une fibrillation auriculaire et présentant en outre un surpoids (IMC > 27) et d'au moins un facteur de risque cardiométabolique, un programme complet de gestion des risques entraîne une diminution statistiquement significative des récidives de fibrillation auriculaire après 12 mois. Ces résultats soulignent que, outre le traitement par cathéter, la prise en charge des facteurs de risque liés au mode de vie est essentielle pour obtenir un rythme sinusal à long terme.

Efficacité du traitement antibiotique de courte durée pour les infections respiratoires ?

Legrand M. , Tazini M. , Uwase B. , De Jonghe M.

Minerva 08 05 2026


Cette revue parapluie basée sur un nombre très élevé de synthèses méthodiques avec ou sans méta-analyse dont les niveaux de preuve étaient faibles à très faibles secondairement à des études originales de très faible qualité, suggère qu'un traitement court (3 à 6 jours) offre une efficacité clinique et microbiologique équivalente aux schémas classiques de 7 à 10 jours chez les adultes et les adolescents à partir de 12 ans souffrant d’infections respiratoires. Si les preuves soutiennent l'usage de traitements courts pour les sinusites aiguës, les pharyngites aiguës, les exacerbations de BPCO et les pneumonies communautaires non sévères, des incertitudes persistent pour les durées ultra-brèves ainsi que pour les pneumonies nosocomiales non ventilées, faute de données disponibles. L'absence de surcroît d'effets indésirables appuie l'adoption de ces protocoles courts en pratique clinique. Cependant, de nouveaux essais cliniques de haute qualité restent nécessaires pour évaluer l’efficacité et la sécurité des traitements antibiotiques de moins de 5 jours pour la pneumonie communautaire et l’exacerbation de BPCO et d’une pénicillothérapie de courte durée pour le traitement de la pharyngo-amygdalite ainsi que pour déterminer la durée optimale du traitement de la pneumonie nosocomiale et de la sinusite aiguë.

Cette étude revue systématique avec méta-analyse montre que la thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie présente une efficacité et une acceptabilité élevées chez les populations atteintes de maladies chroniques, avec des tailles d’effet modérées à importantes qui semblent comparables à celles observées dans les populations sans maladie chronique. Cette méta-analyse est de bonne qualité méthodologique mais est basée sur des études originales présentant certaines limites méthodologiques qui doivent être prises en compte, notamment une hétérogénéité statistique élevée ainsi qu’un possible effet de petites études pouvant conduire à une surestimation des tailles d’effet.

Les auteurs concluent que chez les patients présentant une TVP provoquée et des facteurs de risque persistants, un traitement à faible intensité par apixaban pendant 12 mois a entraîné un risque plus faible de TVP récurrente symptomatique que le placebo, avec un faible risque d'hémorragie majeure. Ceci est en accord avec les recommandations récentes de plusieurs sociétés scientifiques pour lesquelles les habituels trois mois d’anticoagulation sont obsolètes dans cette situation. La durée totale de l’anticoagulation n’est pas connue faute de données.

Que penser du D-mannose dans la prévention des récidives d’infections urinaires ?

Laekeman G.

Minerva 2025 Vol 24 numéro 6 pages 126 - 129


Cette étude randomisée contrôlée, menée en double aveugle, ne montre pas, sur une période de 6 mois, d’effet protecteur d’un apport oral quotidien de 2 g de D-mannose, par comparaison avec 2 g de fructose, chez des femmes d’un âge médian de 61 ans (écart interquartile 46 à 73 ans) sujettes à des infections urinaires récurrentes. Le choix pragmatique d’une observance limitée et le choix du fructose comme comparateur ont peut-être exercé une influence négative sur le résultat.

Cette revue systématique avec méta-analyse montre que la thérapie en réalité virtuelle (TRV) et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) sont les interventions les plus efficaces pour réduire la détresse psychologique chez les patients atteints de cancer. De plus, les interventions narratives, la TRV et la TCC apparaissent comme les plus bénéfiques pour l'amélioration de la qualité de vie. Cette étude, de bonne qualité méthodologique, consolide ces approches numériques comme des alternatives viables aux soins traditionnels, offrant une accessibilité accrue et une réduction des barrières logistiques associées aux thérapies en présentiel.

Cet essai clinique randomisé de très bonne qualité méthodologique montre qu’un programme personnalisé de remise à la marche associé à une formation spécifique permet de retarder significativement l’incidence de récidive de la lombalgie commune chez des patients adultes, sur un suivi de 1 à 3 ans. Cette intervention a également montré sa sécurité et sa rentabilité économique calculée en QALY (pour l’Australie). Cet essai permet de recommander une reprise progressive et personnalisée de la marche avec éducation. De plus, la mache est une activité physique très accessible et sûre.

Cette mise à jour correctement réalisée d’une synthèse méthodique Cochrane, avec une recherche très poussée dans la littérature, ne permet de tirer aucune nouvelle conclusion. L’utilité des bas de contention dans la prévention des récidives d’ulcères de jambe veineux n’est pas encore suffisamment étayée. En outre, on ne sait toujours pas quel type de bas de contention est le plus approprié en termes d’effet et d’observance. Et cette étude ne répond pas non plus à la question de savoir combien de temps il faut porter les bas de contention pour obtenir un effet optimal

Cette étude de cohorte prospective multicentrique avec les limites méthodologiques habituelles montre que dix ans après le diagnostic, 49% des patients n'avaient pas montré de signes de progression ni nécessité de traitement. Moins de 2% ont développé des métastases, et moins de 1% sont décédés en raison de leur cancer. La progression de la maladie et les traitements administrés pendant la surveillance n'ont pas été liés à des résultats moins favorables. Ces données indiquent que la surveillance active constitue une approche efficace pour gérer le cancer de la prostate à faible risque. Cette étude, de bonne qualité méthodologique, apporte des preuves solides qui devraient rassurer les praticiens belges lors de la proposition de la surveillance active à leurs patients. Elle montre que cette stratégie de gestion n'entraîne pas la perte de la fenêtre d'opportunité de traitement, même en cas de progression de la maladie.

Anticoagulants oraux directs (AOD) pour le traitement de la thrombose veineuse profonde

Van Cauwenbergh S.

Minerva 2024 Vol 23 numéro 6 pages 118 - 121


Cette mise à jour d’une synthèse méthodique Cochrane de RCTs présentant un risque de biais limité, confirme que, pour le traitement à long terme (≥ 7 mois) de la TVP, il n’y a pas de différence entre les AOD et les anticoagulants classiques dans la prévention de la récidive de TEV, de la récidive de TVP et de l’embolie pulmonaire. Les inhibiteurs de la thrombine (après 7 mois) et les inhibiteurs du facteur Xa (après 3 à 12 mois) entraîneraient toutefois moins d’hémorragies majeures. À ce sujet, on a cependant moins de certitude après une analyse de sensibilité prenant en compte le risque de biais des études incluses. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires sur la sécurité des différents AOD comparés entre eux, ainsi que pour certains sous-groupes. Des recherches supplémentaires sont également nécessaires en ce qui concerne la qualité de vie.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse, qui a été correctement menée sur le plan méthodologique, suggère que le port de bas de contention pendant 2 ans après une TVP réduit le risque de syndrome post-thrombotique. Cela repose sur des études cliniquement très hétérogènes et dont les résultats n’étaient pas cohérents. D’après les données disponibles, les preuves d’un effet préventif peuvent donc être considérées comme plutôt faibles. Une étude plus poussée, contrôlée par placebo, est donc certainement nécessaire pour déterminer le bénéfice réel du port de bas de contention en prévention d’un syndrome post-thrombotique et pour savoir chez quels patients, à partir de quel moment et pendant combien de temps après le diagnostic de TVP l’effet le plus important peut être attendu.

Les auteurs concluent qu’après 15 ans de suivi, la mortalité spécifique au cancer de la prostate était faible quel que soit le traitement attribué. Ainsi, le choix du traitement implique de peser les compromis entre les avantages et les inconvénients associés aux traitements du cancer localisé de la prostate. Le choix en cas de cancer prostatique localisé de faible risque avec donc un taux de mortalité faible se fera avec le patient entre 3 possibilités : surveillance active, prostatectomie radicale, radiothérapie prostatique curative.

7 ou 14 jours d’antibiotiques en cas d’infection urinaire afébrile chez l’homme ?

Lacante J.

Minerva 2022 Vol 21 numéro 10 pages 246 - 249


Cette étude randomisée contrôlée, dont la qualité méthodologique est bonne, montre la non-infériorité d’un traitement de 7 jours par rapport à un traitement de 14 jours avec ciprofloxacine ou sulfaméthoxazole/triméthoprime chez des hommes âgés chez qui l’on suspecte une infection urinaire afébrile non compliquée. Le choix de l’antibiotique pose problème pour l’extrapolation au contexte belge.

Cette étude randomisée contrôlée, menée en ouvert, avec évaluation de l’effet effectuée en aveugle, montre qu’en cas de fissure anale chronique, l’application locale d’acétate de tocophérol, par comparaison avec de la nitroglycérine, entraîne un soulagement de la douleur plus important et un plus grand nombre de guérisons. Le taux d’abandons élevé parmi les patients traités à la nitroglycérine favorise l’acétate de tocophérol dans cette étude menée à relativement petite échelle. Même si l’utilisation anale de l’acétate de tocophérol pose actuellement des problèmes pratiques, les résultats de cette étude ouvrent des possibilités pour d’autres recherches cliniques et galéniques.

Les antidépresseurs diminuent le risque de rechute, mais un sevrage réussi est possible

Van Leeuwen E. , Christiaens T.

Minerva 2022 Vol 21 numéro 6 pages 132 - 135


Il ressort de cette étude randomisée, contrôlée par placebo, en double aveugle, chez des patients en première ligne, qui a été correctement menée d’un point de vue méthodologique, que, parmi les patients souffrant de dépression récurrente, une récidive de la dépression dans l’année a été observée chez 56% des patients qui ont arrêté leur antidépresseur contre 39% des patients qui ont continué leur antidépresseur (ce qui revient à un NNH de 6 pour l’arrêt). Les résultats de l’étude ne peuvent pas être entièrement extrapolés à la médecine générale car, la plupart des utilisateurs à long terme d’antidépresseurs en première ligne, n’ont connu qu’un seule ou aucune dépression antérieure, ce qui contraste avec le taux élevé de récidive dans la population étudiée. Des études sont nécessaires sur l’arrêt des antidépresseurs chez les patients présentant des symptômes dépressifs plus légers, ainsi que sur l’effet de schémas de diminution progressive plus lents.

Ce suivi prolongé de l’étude randomisée RESTART confirme les premiers résultats selon lesquels la reprise du traitement antiplaquettaire en dehors de la phase aiguë après une hémorragie intracérébrale n’entraîne pas d’augmentation de nouvelles hémorragies intracérébrales symptomatiques. Cependant, en raison du manque persistant de puissance statistique, des études randomisées et contrôlées plus importantes sont nécessaires pour le confirmer.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse basée sur des études randomisées ouvertes présentant des limites méthodologiques, montre que l’ablation par cathéter, comme traitement initial dans la FA paroxystique, comparée aux antiarythmiques, est associée à une réduction de la récurrence des arythmies auriculaires et des hospitalisations, sans différence pour les effets indésirables majeurs. La recherche sur ce sujet doit être poursuivie.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse en réseau de composants montre que les patients bipolaires traités pharmacologiquement devraient également bénéficier de psychothérapie centrée sur les stratégies de gestion de la maladie et le développement de capacités d’adaptation ; cela étant plus particulièrement avantageux sous un format de groupe ou familial/en couple. Malgré la bonne qualité méthodologique de l’étude, les études originales incluses sont le plus souvent de faibles effectifs, avec des résultats parfois exploratoires (absence de comparaison directe), des durées de suivi très variables et un profil des patients bipolaires inclus inconnu ou hétérogène, ce qui limite fortement la transférabilité de ces résultats à la pratique quotidienne et à la question de « quelle psychothérapie pour quel patient ».

Cette synthèse méthodique et méta-analyse de 11 études randomisées contrôlées de qualité méthodologique indéterminée montre que, chez les patients présentant un risque accru de rechute de dépression, il n’y a pas de différence quant au risque de rechute entre la poursuite du traitement par antidépresseurs et l’arrêt ou la diminution progressive des médicaments en association avec une psychothérapie. Lorsque les antidépresseurs sont associés à une psychothérapie, le risque de récidive est plus faible que si l’on se contente de continuer les antidépresseurs.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse, qui a été correctement menée d’un point de vue méthodologique, de 17 études hétérogènes qui présentent souvent un risque élevé de biais montre, avec un niveau de preuve élevé, que la thérapie comportementale dialectique pendant les 12 premiers mois, par rapport à la prise en charge habituelle (améliorée), réduit le risque de récurrence d’automutilation chez les enfants et les adolescents. Aucun effet de la thérapie familiale n’a pu être montré par rapport à la prise en charge habituelle (améliorée), et ce avec un niveau de preuve modéré. D’autres interventions psychologiques spécifiques, y compris la thérapie comportementale individuelle, n’étaient pas meilleures que la prise en charge habituelle (améliorée), mais, en raison d’un manque d’études et du risque élevé de biais dans plusieurs études, nous ne pouvons pas tirer de conclusions définitives à ce sujet.

Cette étude randomisée contrôlée, pragmatique, menée en ouvert avec randomisation par grappe, qui a été correctement menée d’un point de vue méthodologique, ayant été réalisée en aveugle, montre que, pendant la réadaptation de travailleurs blessés qui ne se sont pas suffisamment rétablis après le temps de guérison habituel, le recours à l’entretien motivationnel par des prestataires de soins qui y ont été formés conduit, après un an, à plus de reprise de travail partiel et à une transition plus aisée vers un travail adapté. Une étude plus approfondie est nécessaire pour savoir dans quelle mesure ces résultats satisfaisants peuvent être extrapolés à la pratique réelle.

Cette étude randomisée, contrôlée, menée en ouvert dans un seul centre, qui a été correctement terminée précocement, montre que la thérapie par compression conduit à une diminution du taux de récidive de la cellulite chez des adultes présentant un œdème chronique des membres inférieurs et ayant des antécédents de cellulite. On ignore dans quelle mesure ce résultat est extrapolable au monde réel.

Cette étude clinique multicentrique en double aveugle, randomisée par blocs avec ratio 2 :1, contrôlée versus placebo et présentant quelques limites méthodologiques montre que l’utilisation de Lactobacillus crispatus CTV-05 (Lactin-V) selon un schéma précis, après un traitement d’une semaine à base de métronidazole, diminue statistiquement le nombre de récidives de vaginose bactérienne à 3 mois et probablement à 6 mois. L’impact du traitement sur la qualité de vie n’est malheureusement pas clair. Les effets indésirables sont très fréquents (87%) chez les patientes utilisant du Lactin-V mais non statistiquement différents du groupe placebo. Cette étude ne permet pas de situer l’intérêt du Lactobacillus crispatus CTV-05 versus prise en charge à base de métronidazole telle qu’actuellement recommandée.

Cette nouvelle revue systématique avec méta-analyse n’apporte pas d’élément complémentaire majeur par rapport aux connaissances acquises, si ce n’est que le risque de re-rupture du tendon d’Achille après traitement non chirurgical pourrait être moindre qu’observé précédemment. Le traitement conservateur se doit d’être mieux considéré et plus régulièrement proposé. Cependant, des études randomisées contrôlées rigoureuses restent nécessaires pour le développement d'un algorithme de prise de décision partagée pour guider les chirurgiens et les médecins concernant l'option thérapeutique la plus appropriée pour chaque patient.

Les auteurs concluent que, parmi les patients traités initialement par antibiothérapie pour une appendicite non compliquée, le taux de récidive à 5 ans est de 39,1%. Ce suivi à long terme encourage la possibilité du traitement uniquement par antibiothérapie comme alternative à la chirurgie pour l’appendicite aiguë non compliquée de l’adulte.

Augmenter les apports hydriques pour prévenir les infections urinaires chez la femme

Ballout H. , De Jonghe M. , Leroy T.

Minerva 15 02 2020


Cette étude de bonne qualité méthodologie montre que recommander une augmentation de la consommation d’eau (3 * 500 ml/jour en plus de la consommation habituelle) associée à un coaching en hydratation sur une période de un an chez des femmes préménopausées présentant des cystites récidivantes et consommant peu de liquide est une mesure efficace pour diminuer la fréquence des récidives infectieuses ainsi que la consommation d’agents antimicrobiens. L’importance du coaching est impossible à déterminer précisément.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyses d’études randomisées contrôlées hétérogènes montre qu’un traitement par association de deux antiagrégants plaquettaires pendant le premier mois après un AVC ischémique ou un AIT diminue le risque de récidive, avec un NNT de 28, sans augmentation du risque d’hémorragie majeure par comparaison avec l’aspirine en monothérapie. Une durée de traitement allant jusqu’à trois mois était également associée à une réduction du risque de récidive (NNT de 57), mais le risque d’hémorragie majeure était alors augmenté (NNH de 143). Une durée de traitement supérieure à trois mois ne réduisait pas le risque de récidive mais était associée à une importante augmentation du risque d’hémorragie majeure (NNH de 31).

Dropéridol en cas d’agressivité ou d’agitation induite par la psychose

Desplenter F. , Bervoets C. , Laekeman G.

Minerva 2019 Vol 18 numéro 8 pages 94 - 97


Cette synthèse méthodique et méta-analyse, qui a inclus six études randomisées contrôlées dont la qualité méthodologique est moyenne à bonne, permet de montrer que l’ajout de dropéridol par voie parentérale, comparé à un placebo, à l’halopéridol, à l’olanzapine et au midazolam, est efficace et sûr pour, en 30 minutes, calmer et mettre sous sédation des patients psychotiques présentant de l’agressivité ou de l’agitation.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse, qui est de bonne qualité du point de vue méthodologique, montre qu’une intervention multimodale précoce chez des personnes atteintes de psychose précoce, sur le plan des critères de jugement cliniquement pertinents, comme l’arrêt du traitement, l’admission pour trouble psychiatrique, la participation à l’école ou au travail, l’amélioration des symptômes et les capacités fonctionnelles globales, est supérieure par comparaison avec la prise en charge habituelle. On ne sait pas bien chez quels patients précisément et pour quelles composantes, et avec quelle durée et quelle intensité, on peut attendre les meilleurs résultats.

Cette étude randomisée contrôlée menée en ouvert montre que la cigarette électronique conduit à un arrêt du tabagisme après un an jusqu’à deux fois plus souvent que l’utilisation des produits de substitution nicotinique. Dans cette étude, il s’agissait toutefois de patients motivés qui bénéficiaient également d’un soutien comportemental. De plus, après un an, 80% des participants utilisaient toujours la cigarette électronique. Il faut rappeler que la sécurité de leur utilisation sur le long terme n’a pas encore été suffisamment démontrée.

Cette synthèse méthodique Cochrane avec méta-analyse montre qu’un traitement antihypertenseur médicamenteux après un AIT ou un AVC abaisse la probabilité de récidive d’AVC et de décès vasculaire. Il ressort des analyses de sous-groupes que l’effet n’est statistiquement significatif que chez les patients avec une pression systolique initialement plus élevée (> 140 mmHg) et lorsque l’on opte pour un diurétique ou un inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine. L’utilité et la sécurité d’un traitement antihypertenseur intensif (avec valeur cible pour la pression systolique inférieure à 125 à 130 mmHg) ne peuvent pas être démontrées.

Malgré 5 ans d’hormonothérapie adjuvante, un cancer du sein à récepteur hormonal positif peut récidiver avec un risque non négligeable jusqu’à 20 ans au moins après le début du premier traitement. Ce risque associé à une mortalité notable est essentiellement dépendant du statut T et N de la tumeur initiale.

Cette étude de suivi après traitement à visée curative d’un adénocarcinome colorectal de stade II/III n’a pas mis en évidence de bénéfice en cas de suivi par tomodensitométrie thoraco-abdominale plus intense que la réalisation des examens à 1 an et 3 ans après l’opération. Ces résultats vont dans la même direction que la dernière revue Cochrane sur le sujet et analysée dans Minerva et que les résultats d’une étude randomisée britannique publiée en 2017, dénommée FACS (Follow-up After Colorectal Surgery), qui comprend cependant beaucoup moins de patients.

Cette étude randomisée, contrôlée, en double aveugle, multicentrique, multinationale nous permet de conclure que, chez les patients présentant un AIT avec risque élevé de récidive (score ABCD2 ≥ 4) ou un AVC ischémique mineur (score NIHSS ≤ 3), l’instauration précoce d’un traitement par association de deux antiagrégants plaquettaires, à savoir aspirine et clopidogrel, versus aspirine seule, dans la phase aiguë ou subaiguë, réduit le risque de récidive d’AVC, mais est aussi associée à un risque accru d’hémorragies majeures.

Cette RCT montre une plus-value à court terme de la prescription de clindamycine ou de TMP/SMX sur le pourcentage de guérison de patients présentant un abcès cutané non compliqué à Staphylococcus aureus, tant chez les adultes que chez les enfants. Ceci doit être pris avec circonspection en raison des limites méthodologiques de l’étude et des conflits d’intérêts mentionnés.

L’utilisation de l’algorithme YEARS utilisant trois variables du score de Wells (des signes cliniques de thrombose veineuse profonde, l’hémoptysie et la présomption d’être le diagnostic le plus probable) et le taux de D-dimères permet, pour le praticien ayant la même perception de la probabilité clinique de l’embolie pulmonaire que les auteurs de l’étude, une réduction significative du nombre d’angioTDM à réaliser, sans risque supplémentaire à 3 mois pour le patient versus un algorithme plus complet. Cette économie réduit les risques liés à l’irradiation et à l’injection de produits de contraste iodés de cet examen radiologique complémentaire.

Cette synthèse méthodique et méta-analyse montre que, dans l’année qui suit l’arrêt des antidépresseurs chez les patients atteints de trouble anxieux, la récidive est plus fréquente et plus rapide.

Cette étude randomisée contrôlée multicentrique montre qu’une ablation endoveineuse du reflux veineux superficiel précoce en association avec une compressothérapie conduit, de manière statistiquement significative, à une guérison plus rapide et à une probabilité de récidive plus faible de l’ulcère de jambe veineux que la compressothérapie seule.

Administrer des antibiotiques selon le dosage de procalcitonine : stratégie sûre ?

Verbakel J.Y.

Minerva 2018 Vol 17 numéro 8 pages 103 - 106


Cette synthèse méthodique avec méta-analyse sur la base de données de patients individuels montre de manière peu convaincante qu’une administration des antibiotiques guidée selon le dosage de procalcitonine entraîne une diminution de la mortalité et une diminution de l’exposition aux antibiotiques dans différents milieux de soins et pour différents types d’infections. Il est nécessaire de poursuivre la recherche sur la pertinence clinique de la procalcitonine en première ligne de soins pour le diagnostic et l’administration des antibiotiques guidée en cas d’infection aiguë des voies respiratoires.

Urticaire aiguë : corticostéroïdes utiles ?

Coussens E. , Lapeere H.

Minerva 2018 Vol 17 numéro 8 pages 107 - 109


Cette étude randomisée contrôlée, correctement menée sur le plan méthodologique, nous permet de conclure qu’il n’est pas recommandé d’associer des corticostéroïdes oraux aux antihistaminiques anti-H1 dans le traitement de première ligne de l’urticaire aiguë sans angio-œdème.

Intérêt d’une antibioprophylaxie en cas de cellulite récidivante ?

Chevalier P.

Minerva 2018 Vol 17 numéro 7 pages 89 - 92


Cette synthèse méthodique montre l’intérêt d’un traitement prophylactique antibiotique (pénicilline V essentiellement, à dose faible de 2 x 400000 UI/j) durant 18 mois maximum, en prévention des récidives de cellulite des membres inférieurs chez des adultes en ayant présenté au moins 2 épisodes précédents. Un bénéfice n’est plus observé après l’arrêt de la prophylaxie. De nouvelles études orientées soins ambulatoires, de durées plus longues et avec une attention particulière à la résistance aux antibiotiques sont nécessaires.

Cette étude de cohorte correctement menée suggère un effet favorable des fibres provenant des céréales (céréales pour petit-déjeuner, pain, pâtes, riz) sur la mortalité totale et sur la mortalité due au cancer du côlon après un diagnostic de carcinome colorectal non métastasé.

Cette étude de cohorte non contrôlée bien conduite valide les observations faites antérieurement, à savoir qu’en cas de TVE non provoquée et sans contexte particulier (thrombophilie, cancer, etc.), on peut arrêter l’anticoagulation orale après 5 à 12 mois de traitement pour les malades de sexe féminin ayant un score HERDOO2 bas (0 ou 1) en leur faisant courir un risque de récidive considéré comme acceptable selon les standards actuels.

Réduction d’un traitement chronique par inhibiteur de la pompe à protons, possible ?

Sculier J.P.

Minerva 2018 Vol 17 numéro 5 pages 65 - 68


Cette synthèse méthodique de la Cochrane Collaboration de bonne qualité méthodologique mais basées sur des études aux nombreuses limites, ne permet pas de recommander à tous les patients l’arrêt brutal ou le traitement à la demande d’un traitement par IPP au long cours (> 28 jours) pour un RGO ou de la dyspepsie. En effet, une telle stratégie entraîne chez nombre de patients une augmentation des symptômes gastro-intestinaux (par exemple, dyspepsie, régurgitation) et de l’insatisfaction.

Cette RCT de bonne qualité méthodologique montre qu’un traitement d’observation n’est pas inférieur à une antibiothérapie chez des sujets présentant un premier épisode de diverticulite aiguë gauche non compliquée.

Radiothérapie avec ou sans antiandrogènes en cas de récidive du cancer prostatique ?

Moris L. , Van den Broeck T. , Claessens F. , Joniau S.

Minerva 15 12 2017


Cette étude randomisée contrôlée montre que l’association d’antiandrogènes (bicalutamide) et de la radiothérapie de rattrapage prolonge la survie des patients qui présentent une récidive biologique (PSA entre 0,2 et 4 ng/ml) après prostatectomie radicale.

Quel suivi après traitement chirurgical d’un cancer colorectal non métastatique ?

Sculier J.P.

Minerva 2017 Vol 16 numéro 7 pages 180 - 183


Cette synthèse méthodique de la Cochrane Collaboration avec méta-analyse suggère qu’un suivi plus intensif après traitement chirurgical à visée curative d’un cancer colorectal non métastatique ne change pas les résultats de survie globale. Elle infirme les méta-analyses antérieures sur le sujet qui, comme la présente, ont toutes de sérieuses limites méthodologiques à cause de l’ancienneté de nombreuses études randomisées ne correspondant plus au contexte diagnostique et thérapeutique actuel et à cause de la grande hétérogénéité des stratégies comparées, empêchant toute agrégation capable de répondre aux questions de pratique clinique.

Cette RCT de bonne qualité méthodologique montre que chez des enfants âgés de 6 à 23 mois, ayant été vaccinés contre le pneumocoque (vaccin conjugué) et présentant une OMA, un traitement de 5 jours par amoxiclavulanate (proportionnellement nettement moins dosé en acide clavulanique qu’en Belgique) n’est pas non inférieur à un traitement de 10 jours en termes d’échec de traitement et de score symptomatique, sans différence au point de vue effets indésirables et émergence de germes non sensibles à la pénicilline.

Cette nouvelle méta-analyse, dont le principal handicap est l’étalement dans le temps des études incluses, confirme un intérêt (croissant avec le temps) d’une antibiothérapie versus appendicectomie initiale en cas d’appendicite aiguë non compliquée. Cet intérêt est surtout important en termes de réduction des complications et non pour la durée d’hospitalisation. L’incidence de complications d’appendicite n’est pas plus importante lors d’une récidive post antibiothérapie initiale que lors d’une appendicectomie initiale.

Cette méta-analyse, de bonne qualité méthodologique mais avec un nombre d’études et un nombre d’enfants très limités et avec des études aux limites méthodologiques parfois importantes, a le mérite de se pencher sur un aspect généralement peu étudié de notre action, à savoir les stratégies de retrait optimales d’un médicament, particulièrement dans un cas comme l’énurésie nocturne chez l’enfant dans lequel un taux de rechute important peut remettre en cause le bénéfice global de ce même traitement. En l’absence de recommandation spécifique existante, cette méta-analyse permet de proposer un retrait structuré de la desmopressine, et particulièrement une diminution progressive de la dose, ce qui semble donner de meilleurs résultats en termes de taux de rechute de l’énurésie nocturne. Cette stratégie est également décrite dans les RCP des médicaments concernés.

Cette méta-analyse sur base des données individuelles des patients montre que la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience est un traitement valable pour la prévention des rechutes dépressives chez les personnes qui ont guéri d’une dépression mais qui présentent un risque élevé de récidive.

Les médicaments pour la crise de migraine chez l’enfant et l’adolescent

Chevalier P.

Minerva 2017 Vol 16 numéro 3 pages 57 - 60


Pour le traitement médicamenteux de la crise de migraine chez l’enfant (moins de 12 ans) et l’adolescent (12 à 17 ans), cette synthèse méthodique de bonne qualité souligne l’absence de preuves (faute d’études) du paracétamol, les preuves faibles pour l’ibuprofène, les preuves modérées (nombreuses études sponsorisées) pour l’intérêt des triptans (sumatriptan surtout) mais cet intérêt reste limité en considérant le pourcentage de patients libres de douleur dans les deux heures post traitement.

Cette étude de suivi randomisée, contrôlée par placebo montre une survie sans maladie significativement meilleure après un traitement par inhibiteur de l’aromatase pendant une durée prolongée à 10 ans chez les femmes ménopausées atteintes d’un cancer du sein primaire avec récepteurs hormonaux positifs. On n’a cependant pas constaté de différence en termes de survie. Par ailleurs, le létrozole est associé à un plus grand nombre d’effets indésirables osseux (ostéoporose et fractures). La prolongation du traitement hormonal par inhibiteur de l’aromatase peut donc être envisagée, mais, à ce jour, les données concernant la balance risque-bénéfice sont insuffisantes pour le considérer comme le traitement standard.

Cette méta-analyse sur données individuelles souligne l’intérêt de l’administration (très) précoce d’aspirine post AIT ou AVC non sévère en termes de prévention de tout AVC (particulièrement les plus sévères), d’AVC ischémique et d’infarctus du myocarde.

L’ibuprofène comme alternative aux antibiotiques en cas d’infection urinaire non compliquée ?

Heytens S. , Christiaens T.

Minerva 2016 Vol 15 numéro 10 pages 258 - 261


Cette étude pragmatique randomisée contrôlée en double aveugle montre que l’ibuprofène permet de limiter l’utilisation des antibiotiques chez les femmes adultes présentant des symptômes légers à modérés d’infection urinaire non compliquée. Cet avantage doit être mis en balance avec la plus grande charge des symptômes. La différence quant à la durée moyenne des symptômes est néanmoins limitée à un jour. Il faut cependant poursuivre la recherche quant à la sécurité de cette approche.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse de la Cochrane Collaboration montre que les nouveaux anticoagulants oraux – inhibiteurs du facteur Xa et inhibiteurs directs de la thrombine – ont une efficacité et une sécurité similaires à celles des anticoagulants standards pour le traitement à long terme de l’embolie pulmonaire, que ce soit en termes de récidive de l’embolie pulmonaire, récidive de la maladie thromboembolique veineuse, apparition d’une thrombose veineuse profonde, mortalité globale ou survenue d’hémorragies majeures. Ils ont l’avantage de se prendre à dose fixe par voie orale sans nécessité de monitoring de tests de la coagulation mais ils ont l’inconvénient de ne pas avoir d’antidote spécifique et d’être associé à un coût plus élevé. Seules des données obtenues dans la vraie vie pourront nous conforter à utiliser ces médicaments et à condition que le coût lié à leur utilisation soit raisonnable.

Ajouter de l’aripiprazol en cas de dépression majeure réfractaire chez les personnes de plus de 60 ans ?

De Winter F.L. , Van Buggenhout R.

Minerva 2016 Vol 15 numéro 6 pages 147 - 150


Cette étude randomisée placebo contrôlée menée chez des patients âgés de plus de 60 ans présentant une dépression modérément sévère et réfractaire après un traitement par venlafaxine à forte dose, montre que, sur le court terme, l’ajout d’aripiprazol à faible dose augmente les chances de rémission, mais au prix d’une augmentation des effets indésirables extrapyramidaux, tels que l’acathisie et le parkinsonisme.

Les bisphosphonates comme traitement adjuvant dans le cancer du sein ?

Kruse V. , Denys H. , Cocquyt V.

Minerva 2016 Vol 15 numéro 6 pages 151 - 154


Cette méta-analyse de RCT provenant d’une seule base de données et méthodologiquement perfectible montre que les bisphosphonates en tant que traitement adjuvant du cancer du sein à un stade précoce sans métastase chez les femmes ménopausées diminuent les métastases osseuses ainsi que la mortalité liée au cancer du sein. La balance bénéfice-risque demeure indéterminée. La recherche doit se poursuivre pour connaître le schéma et la durée de traitement optimaux.

Antihistaminiques H1 pour l’urticaire chronique spontanée?

Cohen R. , Fraipont B.

Minerva 2016 Vol 15 numéro 1 pages 18 - 21


Cette synthèse méthodique avec méta-analyse, de bonne qualité méthodologique, montre que la prise d’un antihistaminique H1 améliore la symptomatologie de l’urticaire chronique spontanée versus placebo, mais sans mettre en évidence un antihistaminique H1 en particulier. Une amélioration de la qualité de vie reste à démontrer. Au vu des limites méthodologiques et du nombre insuffisant de RCTs de qualité, cette synthèse méthodique ne permet pas de formuler de recommandations de niveau de preuve élevé pour la pratique.

Cette étude montre qu’un test de D-dimères rapide et binaire, s’il se révèle négatif et est confirmé comme tel un mois plus tard, pourrait justifier l’arrêt d’un traitement anticoagulant après une période de 3 à 7 mois chez la femme mais non chez l’homme en cas de TEV non provoquée. Cependant, le seuil d’incidence de récidive « acceptable » est consensuel et une décision partagée de prolongation ou d’arrêt de l’anticoagulation, suivant le risque de récidive et le risque hémorragique, nous semble plus appropriée.

Cette étude montre qu’une résonance magnétique avec une image pondérée en T1 (Magnetic Resonance Direct Thrombus Imaging - MRDTI) est un test précis pour le diagnostic d’une TVP précédente, diagnostic différentiel non possible par une échographie avec compression. La faisabilité en Belgique d’une telle démarche diagnostique reste à évaluer.

Dans cette étude randomisée contrôlée dont les résultats ont été groupés avec ceux d’une étude antérieure, comparant l’utilisation du dabigatran versus warfarine en post traitement initial d’une thromboembolie veineuse symptomatique avec une HBPM, il n’y a pas de différence statistiquement significative quant au taux de récidive de TEV entre les deux groupes. Il n’y a pas non plus de différence statistiquement significative observée pour le taux d’hémorragies majeures dans l’analyse groupée. Il manque enfin, à l’heure actuelle, d’études de comparaison directe des NAOs entre eux.

Cette synthèse méthodique montre que les neuroleptiques administrés pour des troubles du comportement chez les personnes âgées atteintes de démence peuvent être arrêtés dans la plupart des cas sans inconvénient majeur. Cependant, pour certains patients (avec agitation importante, psychose..), la poursuite du traitement peut être favorable. Il convient néanmoins de mettre en balance cet avantage et les inconvénients possibles dans chaque cas individuel.

Aspirine plus clopidogrel dans la phase aiguë d’un AIT ou d’un AVC mineur ?

Demeestere J. , Thijs V.

Minerva 2014 Vol 13 numéro 4 pages 49 - 50


Cette étude, correcte d’un point de vue méthodologique, montre que l’administration d’une association de clopidogrel et d’aspirine pendant 21 jours, suivie par 75 mg de clopidogrel par jour, initiée dans les 24 heures après le début d’un AIT ou d’un AVC mineur, réduit de manière significative le risque de récidive d’AVC, versus aspirine seule, sans accroître le risque d’hémorragie. Pour plusieurs raisons, les résultats ne peuvent pas être extrapolés à une population occidentale dans un système de soins de santé occidental.

Rhinosinusite chronique + polypes nasaux : corticostéroïdes nasaux ?

Duyver C.

Minerva 2014 Vol 13 numéro 3 pages 30 - 31


Cette méta-analyse méthodologiquement correcte, conclut qu’une corticothérapie topique est efficace versus placebo chez les patients souffrant de rhinosinusite chronique avec des polypes, améliorant la symptomatologie (obstruction nasale), diminuant la taille des polypes et prévenant leur réapparition après chirurgie. Cette méta-analyse ne permet pas de définir ni les dosages les plus adéquats, ni les modes de pulvérisation les plus efficaces, au vu d’un nombre insuffisant d’études.

Simplifier l’initiation d’un traitement chronique par allopurinol dans la goutte ?

Henrard G.

Minerva 2013 Vol 12 numéro 9 pages 106 - 107


Cette petite étude sur une population très prudemment sélectionnée suggère que, quand il est associé à un traitement par colchicine à dose prophylactique, l’introduction d’un traitement chronique par allopurinol lors de la consultation pour une crise aiguë de goutte (traitée elle-même par anti-inflammatoires oraux) n’est pas plus à risque en termes d’intensité douloureuse de la crise et de risque de récidive le premier mois que son introduction à 10 jours de distance.

Comme le concluent les auteurs de cette méta-analyse, le bénéfice d’un traitement à long terme avec un médicament antidépresseur n’est pas clair pour prévenir une récidive d’une dépression chez une personne âgée et des recommandations solides ne peuvent pas être faites sur base de la littérature actuelle.

Post AVC/AIT : antiagrégant plaquettaire en mono- ou bithérapie ?

Demeestere J. , Thijs V.

Minerva 2013 Vol 12 numéro 6 pages 69 - 70


Cette méta-analyse, qui a été correctement menée d’un point de vue méthodologique, conclut que l’utilisation de 2 antiagrégants plaquettaires plutôt que d’un seul réduit le risque de récidive d’ischémie cérébrale et le risque global d’événements vasculaires dans la phase aiguë (< 72 h) d’un AVC ischémique ou d’un AIT. Ce résultat s’appuie toutefois sur des sous-groupes assez restreints d’études qui, sur le plan clinique, sont très hétérogènes, avec surtout des critères de jugement composites. Cette étude ne permet également pas de déterminer clairement les bénéfices versus le risque de saignements (majeurs).

Si la poursuite du dabigatran en prévention d’une récidive de TEV post traitement anticoagulant recommandé est favorable versus placebo (au risque de davantage d’hémorragies), une non infériorité (en efficacité) versus warfarine reste à confirmer.

Traitement préventif secondaire d’une TEV : HBPM versus AVK

La rédaction Minerva

Minerva 28 05 2013


Cette mise à jour d‘une méta-analyse de bonne qualité ne montre pas de différence significative au point de vue efficacité (prévention d’une récidive de thromboembolie veineuse (TEV) ni sécurité entre un traitement par HBPM ou par warfarine sur 3 mois (plus rarement 6) chez des patients ayant présenté une TEV. Moins coûteux, les AVK restent un premier choix dans cette indication.

Cette RCT montre qu’après la période conventionnelle d’anticoagulation de 6 à 12 mois suite à un évènement thromboembolique, l’administration d’apixaban (2 x 2,5 ou 2 x 5 mg/j) prévient mieux les récidives de thromboembolie veineuse qu’un placebo, dans une population dont environ 1/5ème était à risque accru de récidive. Le risque hémorragique reste à préciser dans la pratique et versus antagoniste de la vitamine K.

FA et TEV : efficacité comparative des NAO et de la warfarine

Chevalier P.

Minerva 2013 Vol 12 numéro 3 pages 28 - 29


Cette synthèse méthodique montre une supériorité des NAOs versus warfarine pour le critère mortalité globale dans l’indication FA, mais non dans l’indication TEV. Pour les deux indications groupées, moins d’hémorragies fatales (comprises dans le critère précédent !), sans différence (mais résultats fort discordants) pour les hémorragies majeures et les hémorragies gastro-intestinales et avec davantage d’arrêts de traitement pour effet indésirable.

Dexaméthasone en pommade contre les aphtes récidivants

De Weirdt S. , Poelman T.

Minerva 2013 Vol 12 numéro 2 pages 23 - 24


Cette étude de bonne qualité méthodologique conclut que, chez les patients adultes présentant des aphtes récidivants, un traitement topique de courte durée (5 jours) avec de la dexaméthasone en pommade est plus efficace qu’un placebo pour diminuer la taille des aphtes et en diminuer la douleur. Ce traitement local semble sans danger à court terme.

Radiothérapie adjuvante : nécessaire après chirurgie conservatrice d’un cancer du sein invasif

Cocquyt V. , De Maeseneer D.

Minerva 2012 Vol 11 numéro 6 pages 71 - 72


Cette mise à jour d’une précédente méta-analyse sur données individuelles montre qu’une radiothérapie après chirurgie mammaire conservatrice diminue de moitié le risque de récidive du cancer du sein, soit une réduction absolue de risque de 15% sur 10 ans. Le risque absolu est plus important chez les femmes jeunes à moindre risque de récidive. L’efficacité sur les décès par cancer du sein à 15 ans de suivi est moindre avec une réduction absolue de risque de 4%. Une radiothérapie adjuvante ne montre pas de bénéfice en termes de mortalité globale.

Dabigatran pour la thromboembolie veineuse

Chevalier P.

Minerva 28 08 2010


Cette étude montre une non infériorité du dabigatran versus warfarine en prévention d’une récidive de thromboembolie veineuse symptomatique, post traitement initial de 10 jours par héparine. Un avantage réel dans la pratique reste à montrer versus incertitudes de sécurité.

Cette méta-analyse confirme l’absence de preuve de l’intérêt d’un traitement antibiotique prophylactique en prévention de la récidive d’infection urinaire chez des enfants, même en cas de reflux vésicourétéral, sans données pouvant être précisées pour les différents groupes (IV et V plus à risque de récidive).

Cette étude conclut qu’une thérapie cognitive basée sur la pleine conscience est une alternative acceptable à la poursuite d’un antidépresseur pour la prévention d’une rechute de dépression chez un patient qui en a déjà présenté plusieurs. En l’absence de différence significative entre les deux traitements, sauf pour quelques critères de jugement secondaires, le choix entre les deux approches dépendra de la préférence du patient et des disponibilités locales.

Prise en charge ultra-rapide après AIT ou AVC mineur

Peeters A.

Minerva 2009 Vol 8 numéro 4 pages 48 - 49


Cette étude EXPRESS montre l’intérêt d’une initiation rapide d’un traitement médicamenteux (aspirine après exclusion d’un processus hémorragique, statine, antihypertenseur et anticoagulant s’il y a lieu) en cas d’accident ischémique transitoire ou d’accident vasculaire cérébral chez des patients non hospitalisés. Elle conforte les recommandations actuelles.

Radiothérapie après chirurgie d’épargne mammaire

Cocquyt V.

Minerva 2006 Vol 5 numéro 3 pages 43 - 46


Ces deux études montrent que l'adjonction de la radiothérapie à un traitement par tamoxifène après chirurgie d'épargne mammaire pour des tumeurs hormonosensibles, réduit le risque de récidive locale, sans impact néanmoins sur la survie. La réduction absolue de récidive locale (3%) pour les femmes âgées de plus de 70 ans avec une tumeur mammaire hormonosensible T1N0, est probablement moins importante sur le plan clinique, vu la morbidité et les coûts liés à la radiothérapie. Des études devraient pouvoir distinguer les sous-groupes qui pourraient tirer un bénéfice de la radiothérapie de ceux auxquels ce traitement pourrait être épargné.