Resultats par mot-clé : 'sinusite'


Nombre de resultats : 3 article(s) - 2 analyse(s) brève(s) - 0 Synthèse(s)

Efficacité du traitement antibiotique de courte durée pour les infections respiratoires ?

Legrand M. , Tazini M. , Uwase B. , De Jonghe M.

Minerva 08 05 2026


Cette revue parapluie basée sur un nombre très élevé de synthèses méthodiques avec ou sans méta-analyse dont les niveaux de preuve étaient faibles à très faibles secondairement à des études originales de très faible qualité, suggère qu'un traitement court (3 à 6 jours) offre une efficacité clinique et microbiologique équivalente aux schémas classiques de 7 à 10 jours chez les adultes et les adolescents à partir de 12 ans souffrant d’infections respiratoires. Si les preuves soutiennent l'usage de traitements courts pour les sinusites aiguës, les pharyngites aiguës, les exacerbations de BPCO et les pneumonies communautaires non sévères, des incertitudes persistent pour les durées ultra-brèves ainsi que pour les pneumonies nosocomiales non ventilées, faute de données disponibles. L'absence de surcroît d'effets indésirables appuie l'adoption de ces protocoles courts en pratique clinique. Cependant, de nouveaux essais cliniques de haute qualité restent nécessaires pour évaluer l’efficacité et la sécurité des traitements antibiotiques de moins de 5 jours pour la pneumonie communautaire et l’exacerbation de BPCO et d’une pénicillothérapie de courte durée pour le traitement de la pharyngo-amygdalite ainsi que pour déterminer la durée optimale du traitement de la pneumonie nosocomiale et de la sinusite aiguë.

Cette étude randomisée contrôlée contre placebo, qui a été menée correctement d’un point de vue méthodologique, dans un grand groupe d’enfants chez qui un diagnostic clinique de rhinosinusite avait été posé, montre que le traitement antibiotique (amoxicilline + acide clavulanique) a un effet limité sur la gravité et l’évolution des symptômes uniquement chez les enfants dont la culture bactérienne a révélé la présence d’H. influenzae, de S. pneumoniae. ou de M. catarrhalis. L’effet des antibiotiques n’était pas influencé par la couleur de l’écoulement nasal. Compte tenu de l’effet cliniquement non pertinent et du fait que, dans la pratique, il n’est pas faisable d’effectuer une culture nasopharyngée chez chaque enfant souffrant de rhinosinusite, la recommandation reste en premier lieu l’attentisme sans antibiotiques chez les enfants présentant une rhinosinusite clinique.

Cette étude randomisée contrôlée en ouvert montre que le traitement par un corticostéroïde à usage nasal (mométasone) améliore la qualité de vie des enfants (4 à 8 ans) atteints de rhinosinusite chronique et a un effet significatif sur l’augmentation de la biodiversité naso-sinusienne. En raison de la petite taille d’échantillon et du protocole de l’étude réalisée en ouvert, les résultats de cette étude sont à interpréter avec prudence. D’autres résultats sont donc attendus afin d’appuyer ces conclusions.

Cette étude randomisée, contrôlée, pragmatique, menée en ouvert montre que la chirurgie endoscopique des sinus associée à un traitement médicamenteux, après 12 mois, est plus efficace que le traitement médicamenteux seul chez les patients atteints de rhinosinusite chronique avec polypes nasaux qui ne répondent pas au traitement médicamenteux initial. L’effet n’atteint cependant pas le seuil de pertinence clinique prédéfini.

Les recommandations d’EBMPracticeNet proposent d’identifier les patients présentant une sinusite chronique et de sélectionner ceux nécessitant un traitement par un ORL, sans plus de précision. Au vu des résultats présentés dans l’étude analysée ici, il semble important de diagnostiquer la présence ou non d’une polypose nasale chez les patients souffrant de sinusite chronique. Pour la première ligne de soins, les corticostéroïdes nasaux et les irrigations d’eau saline (0,9%) sont recommandés dans la sinusite chronique avec ou sans polypose nasale (haut niveau de preuve et de recommandation). Les traitements de seconde ligne comme les antagonistes des récepteurs des leucotriènes, les corticostéroïdes oraux ou les macrolides ne seront proposés souvent qu’après un diagnostic précis, et/ou un avis ORL. Dans tous les cas, la balance bénéfice-risque de chaque molécule doit être discutée avec les patients, tous ces traitements présentant également des effets indésirables.