Resultats par mot-clé : 'dépression'


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Cette RCT montre qu’une activité physique zéro temps intégrée aux activités quotidiennes diminue la sévérité de l’insomnie (ISI) et (possiblement) ses conséquences chez les adultes sédentaires. Ce résultat est modéré, mais consistant, qui n'atteint toutefois pas une pertinence clinique. Cette RCT réalisée à Hong Kong durant la pandémie de covid-19 suit les recommandations CONSORT, mais présente quelques risques de biais modérés. Les résultats sont difficilement transposables aux patients belges et exigent un effort important de la part des professionnels de santé, ce qui limite leur extrapolabilité.

Cette étude observationnelle de suivi de deux études randomisées contrôlées d’implémentation suggère que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour le traitement du trouble anxieux généralisé (TAG) est efficace à long terme (2 à 8 ans) avec un taux de guérison de 53%. Différentes stratégies d’implémentation ont abouti à des résultats similaires après le suivi. En d’autres termes, cela favorise la flexibilité clinique dans l’orientation du traitement. L’étude présente d’importantes limitations méthodologiques, notamment l’absence d’un groupe témoin sans traitement et une hétérogénéité significative entre les études initiales, ainsi qu’une généralisation limitée des résultats.

Cette RCT montre qu’un programme bref de méditation de pleine conscience délivré numériquement est une méthode efficace, accessible et évolutive pour réduire le stress perçu et améliorer divers aspects du bien-être chez les employés d’un centre médical universitaire. Cet essai randomisé présente une rigueur méthodologique élevée (allocation dissimulée, analyse en intention de traiter, instruments validés), mais sa population - majoritairement féminine, hautement qualifiée, familière des outils numériques et issue d’un environnement universitaire favorable à la pleine conscience - limite la généralisabilité des résultats.

Cette revue systématique avec méta-analyse de la Cochrane montre des effets bénéfiques de l’entraînement en résistance pendant la thérapie anticancéreuse comparés à l’absence d’entraînement sur la fatigue liée au cancer à court terme et sur la qualité de vie chez les personnes atteintes de cancer. L’entraînement en résistance après la thérapie anticancéreuse peut également avoir un petit effet bénéfique sur la qualité de vie à court terme. Cette revue systématique avec méta-analyse montre que les données disponibles restent insuffisantes pour formuler des conclusions solides et définitives. Elle appelle à des essais de plus grande envergure, avec des échantillons élargis, des durées de suivi plus longues, et une harmonisation des échelles et critères d’évaluation (notamment de la fatigue et de la qualité de vie). Elle souligne aussi l’intérêt d’un recueil plus standardisé des évènements indésirables afin de permettre une synthèse de sécurité robuste.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse montre que les interventions destinées à soutenir les aidants proches de patients au stade palliatif peuvent avoir un impact positif sur la dépression et la qualité de vie. Elle est de bonne qualité méthodologique, mais se base néanmoins sur des études originales qui présentent de nombreux problèmes méthodologiques. L’hétérogénéité clinique des interventions étudiées et la surreprésentation des études chinoises compliquent l’extrapolation à notre contexte de santé. Par conséquent, on ne peut en déduire aucun conseil pratique concret.

Cette étude clinique randomisée multicentrique, qui a été correctement menée d’un point de vue méthodologique, l’évaluation de l’effet étant effectuée en aveugle, suggère que la thérapie cognitivo-comportementale spécifique pour le deuil prolongé et un traitement de contrôle actif avec une thérapie cognitivo-comportementale et des éléments axés sur les solutions sont efficaces pour traiter le deuil prolongé et qu’aucune différence cliniquement pertinente ne peut être démontrée après un an de suivi. La thérapie cognitivo-comportementale s’est avérée supérieure pour les symptômes dépressifs et psychopathologiques généraux. Cependant, les traitements se chevauchent dans une large mesure (thérapeutes formés à la TCC, groupe témoin actif avec éléments de TCC), ce qui signifie que la différence réelle n’est pas claire et qu’une amélioration spontanée ne peut être exclue. Les critères d’exclusion utilisés et la population étudiée finale, principalement des femmes ayant suivi des études pendant un grand nombre d’années, non issues de l’immigration, limitent la possibilité de généraliser à des populations plus diverses présentant des comorbidités.

Cet essai contrôlé randomisé pragmatique de bonne qualité méthodologique montre que la gêne occasionnée par des symptômes physiques multiples et persistants peut être diminuée par de consultations dédiées, menées par un médecin généraliste, visant notamment à expliquer les symptômes aux patients. Il semble néanmoins que le seuil de pertinence clinique ne soit pas atteint. L’applicabilité de cette approche en Belgique serait à étudier.

Cette étude de cohorte observationnelle rétrospective montre qu’un déploiement accru d’infirmier·ère·s de santé mentale dans les cabinets de médecine générale est associé à une diminution du recours aux soins de santé mentale en première ligne et dans les services spécialisés et, dans une mesure limitée, à une diminution des consultations chez le médecin généraliste par les personnes atteintes de dépression. Cette étude est bien conçue sur le plan méthodologique et s’appuie sur une population importante et représentative, mais sa valeur probante est limitée du fait de sa nature non expérimentale, de la possibilité de confusion et d’un manque de mesures de résultats cliniques comme l’amélioration des symptômes ou la satisfaction des bénéficiaires. En outre, des recherches supplémentaires sont nécessaires sur les coûts et les bénéfices de cette intervention et d’autres interventions similaires pour l’intégration des soins de santé mentale au niveau de la première ligne.

Cette revue systématique avec méta-analyse montre que la thérapie en réalité virtuelle (TRV) et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) sont les interventions les plus efficaces pour réduire la détresse psychologique chez les patients atteints de cancer. De plus, les interventions narratives, la TRV et la TCC apparaissent comme les plus bénéfiques pour l'amélioration de la qualité de vie. Cette étude, de bonne qualité méthodologique, consolide ces approches numériques comme des alternatives viables aux soins traditionnels, offrant une accessibilité accrue et une réduction des barrières logistiques associées aux thérapies en présentiel.

Cette étude clinique randomisée pragmatique, multicentrique, avec une évaluation de l’effet effectuée en aveugle, montre que les consultations vidéo en ligne peuvent être efficaces pour réduire la gravité des symptômes dépressifs et anxieux jusqu’à 12 mois après l’intervention. Toutefois, l’effet est de faible ampleur et n’est peut-être pas cliniquement pertinent. Cette étude présente également un risque important de biais de sélection et de biais de détection. Néanmoins, grâce aux larges critères d’inclusion et d’exclusion et à la conception pragmatique, on peut déjà extrapoler les résultats de cette étude à la pratique clinique.

Cet essai contrôlé randomisé de bonne qualité méthodologique démontre que la TCC-I autodirigée par une infirmière est efficace pour traiter l'insomnie chez les vétérans d'âge moyen et conduit à une amélioration significative et durable des symptômes du sommeil, de la dépression et de la fatigue. Cependant, en raison de l'inclusion limitée d'adolescents, de femmes et de personnes sans comorbidités, les résultats ne sont pas extrapolables à une population plus large.

Cette étude randomisée contrôlée, qui a été correctement menée d’un point de vue méthodologique, montre un effet statistiquement significatif de la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), par comparaison avec la prise en charge habituelle, sur la qualité de vie des patients atteints de maladie neuromusculaire. La pertinence clinique de cet effet est cependant encore incertaine. Avant de pouvoir recommander l’intervention, des études supplémentaires sont donc nécessaires.

Aborder les tendances suicidaires en première ligne de soins.

Stas P.

Minerva 2025 Vol 24 numéro 2 pages 25 - 29


Cette analyse secondaire d’une étude contrôlée randomisée en grappes avec permutation séquentielle, qui a été correctement menée sur le plan méthodologique dans des cabinets de première ligne, montre qu’une intervention axée sur le dépistage et sur la prise en charge des tendances suicidaires et de l’abus de substances a été bien mise en œuvre et a également entraîné une diminution des comportements suicidaires. Cependant, l’intervention elle-même ne visait pas spécifiquement la prévention du suicide, et, comme le dépistage a été effectué à l’aide de questionnaires standardisés, il est possible que les personnes ayant des idées suicidaires n’aient pas toutes été identifiées et aidées.

Cette méta-analyse, bien conduite sur le plan méthodologique, repose toutefois sur des études de qualité insuffisante. Elle met en évidence l’intérêt d’une activité physique régulière comme option thérapeutique dans la dépression, avec des variations d’efficacité selon les caractéristiques des populations concernées. Des recherches supplémentaires mieux conçues sont néanmoins indispensables pour renforcer la robustesse des conclusions.

Cette étude randomisée contrôlée, menée en ouvert, qui a été menée correctement d’un point de vue méthodologique, montre que la thérapie par la conscience et l’expression des émotions est supérieure à la thérapie cognitivo-comportementale dans une population de vétérans âgés, essentiellement composée d’hommes, souffrant de douleurs chroniques. L’extrapolation à la population âgée générale souffrant de douleur chronique est rendue difficile en raison de la population spécifique étudiée, une population masculine présentant souvent également des troubles psychiatriques complexes. Il est donc certainement souhaitable de poursuivre les recherches sur l’utilisation de la thérapie par la conscience et l’expression des émotions comme alternative à la thérapie cognitivo-comportementale dans un groupe plus large de personnes souffrant de douleur chronique primaire.

Cette étude randomisée contrôlée montre que la thérapie d’acceptation et d’engagement (Acceptance and Commitment Therapy, ACT) numérique autoguidée chez l’adulte atteint de fibromyalgie a des effets positifs sur le sentiment subjectif d’amélioration, le fonctionnement, la douleur, la fatigue, les symptômes dépressifs et les compétences en ACT, telles que la flexibilité psychologique. Cependant, cette étude a sélectionné une population qui appliquait effectivement la thérapie, de sorte qu’on ne sait pas clairement dans quelle mesure les résultats sont réalisables dans la pratique. Des études avec une inclusion plus large et un suivi plus long sont certainement nécessaires pour estimer l’impact réel de l’intervention.

Cette revue systématique met en évidence plusieurs prédicteurs clés des résultats des traitements psychologiques chez les personnes âgées souffrant de troubles mentaux courants. La gravité des symptômes de départ, l'accomplissement des devoirs thérapeutiques et l'alliance thérapeutique se sont révélés être des prédicteurs constants des résultats positifs, tandis que des facteurs comme la fonction cognitive ont montré des résultats plus mitigés. Ces résultats soulignent l'importance de personnaliser les traitements pour les personnes âgées, en tenant compte de ces prédicteurs pour optimiser les chances de succès thérapeutique. Cette étude présente de nombreux biais méthodologiques qui en limitent la robustesse. Néanmoins, l’importance du sujet justifie pleinement la réalisation de recherches supplémentaires afin d’obtenir des résultats plus fiables et généralisable via l’application de critères uniformisés pour les méthodes d'évaluation des résultats, ce qui faciliterait la synthèse des données et améliorerait la fiabilité des recommandations cliniques.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse montre que les applications pour la pleine conscience réduisent dans une certaine mesure les symptômes d’anxiété et les symptômes dépressifs, par comparaison avec les contrôles actifs et les contrôles passifs. La pertinence clinique de ce résultat peut être mise en doute. Aucun effet statistiquement significatif n’a été constaté avec les applications pour la pleine conscience, par rapport aux interventions psychologiques actives, mais cela s’explique peut-être par un manque de puissance. Il y a une importante hétérogénéité clinique entre les populations incluses, les instruments de mesure, les applications pour la pleine conscience et les groupes de contrôle ; il est donc difficile d’extrapoler les résultats. Le fait que les études prévoyant une compensation financière pour les participants avaient plus d’effet, permet de montrer, outre un éventuel biais de conformité sociale, l’importance de l’observance dans la mise en œuvre de ces applications. Il est donc nécessaire de poursuivre la recherche avec une étude pragmatique.

Cette synthèse méthodique Cochrane avec méta-analyse montre que la psychothérapie à court terme et à long terme réduit les symptômes dépressifs chez les personnes âgées qui résident dans des établissements de soins de longue durée. Cependant, l’étude présente de nombreuses limites, notamment une hétérogénéité clinique importante entre les interventions incluses, entre les groupes témoins et entre les contextes étudiés. En outre, le degré de certitude des données probantes est très faible. Ainsi, la conclusion que nous pouvons tirer de la présente synthèse méthodique se limite à constater la nécessité de mener davantage d’études correctement conduites, ainsi que des études comparant l’efficacité de la psychothérapie à celle de la pharmacothérapie.

Cette revue systématique avec méta-analyse d’études randomisées contrôlées (RCTs) et d’études observationnelles suggère que, dans les comparaisons avant-après, une intervention biopsychosociale à domicile pour les personnes âgées a une influence positive sur les critères de jugement qui concernent les risques à domicile, le fonctionnement quotidien, les chutes, la dépression et la qualité de vie. Toutefois, par rapport à un groupe témoin, l’efficacité est moins évidente et peut ne pas être cliniquement pertinente. En outre, nous devons également souligner plusieurs lacunes méthodologiques, comme une description incomplète des populations étudiées, une importante hétérogénéité clinique des études incluses, une hétérogénéité statistique dans certaines méta-analyses et un risque non exclu de biais de publication.

Cette étude randomisée contrôlée, qui a été menée correctement d’un point de vue méthodologique, montre qu’un traitement de groupe en ligne basé sur la pleine conscience peut être un complément utile au traitement à la méthadone chez les patients présentant une douleur et des troubles liés à l’utilisation d’opioïdes. Les résultats montrent une diminution à relativement court terme (16 semaines), par comparaison avec la méthadone seule, en termes de consommation d’opioïdes, ainsi que de consommation d’autres drogues, d’observance du traitement à la méthadone, de douleur et de symptômes dépressifs. Des recherches supplémentaires sont nécessaires sur les effets à long terme du traitement (et sur leur persistance), ainsi qu’une comparaison entre les versions de ces traitements en ligne et en face-à-face.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse, qui a été correctement menée d’un point de vue méthodologique, ayant inclus des RCTs menées en ouvert, dans lesquelles l’évaluation de l’effet n’a pas été effectuée en aveugle ou dont l’insu est indéterminé, montre que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), associée ou non à de l’exercice, réduit, dans une mesure limitée, la peur de tomber chez les personnes âgées vivant à domicile. L’effet se maintient toutefois plus de 6 mois après l’intervention. On n’a observé ni diminution ni augmentation du nombre de chutes ou du nombre de personnes faisant une chute. Ces résultats appuient le recours à la TCC dans le cadre d’une approche multidisciplinaire de prévention des chutes.

Cette RCT en simple aveugle montre que la thérapie métacognitive (TMC) d’auto-assistance à domicile a un effet bénéfique sur la santé mentale des patients en réhabilitation cardiaque, en particulier pour ceux atteints de symptômes anxieux ou dépressifs. Une réduction de l’efficacité de la TMC d’auto-assistance à domicile en comparaison à une TMC encadrée par un professionnel impose de confirmer ces résultats dans une comparaison directe.

Cette revue systématique et méta-analyse montre que la thérapie cognitivo-comportementale numérique réduit la gravité des symptômes dépressifs et anxieux chez les adultes avec un diagnostic de dépression. Cependant, ces résultats doivent être interprétés avec prudence étant donné quelques lacunes importantes, notamment un risque élevé de biais de performance et de détection des études incluses, ainsi qu’un degré élevé d’hétérogénéité clinique et statistique. De plus, on ne sait pas dans quelle mesure les résultats peuvent être extrapolés aux patients des soins de première ligne en Belgique. Des recherches ciblées avec des résultats à long terme sont encore nécessaires.

Cette étude randomisée, contrôlée, en ouvert, qui a été correctement menée d’un point de vue méthodologique, dont l’évaluation de l’effet a été réalisée en aveugle, montre que la thérapie interpersonnelle brève est déjà efficace à partir de 6 à 7 semaines dans le traitement de la dépression prénatale. On a observé une diminution des symptômes dépressifs et du nombre de dépressions majeures, par comparaison avec une prise en charge renforcée. Les résultats de l’étude sont largement extrapolables car ils concernent une population d’étude diversifiée sur le plan ethnique et socio-économique et parce que ni l’utilisation d’antidépresseurs pendant l’intervention, ni l’âge gestationnel, ni la présence de dépression au début de l’étude n’ont eu d’influence sur les résultats.

Cette revue systématique avec méta-analyses présente une bonne qualité méthodologique. Elle présente aussi des limites, comme son incapacité à estimer précisément l'efficacité des psychothérapies. Elle montre cependant que les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont efficaces pour le traitement de la dépression dans un grand nombre de contextes, et même plus efficaces à long terme que les traitements pharmacologiques. Retenons que la supériorité des psychothérapies sur les traitements médicamenteux reste significative lorsqu'on corrige pour le biais de publication et lorsqu’on ne retient que les études les plus fiables. Retenons aussi que les différences de résultats entre les TCC et les autres psychothérapies considérées ne sont pas statistiquement significatives.

Réduction du stress par la pleine conscience comme traitement de la migraine ?

Stas P.

Minerva 2023 Vol 22 numéro 8 pages 188 - 192


Cette étude randomisée contrôlée, à deux bras, menée en double aveugle, qui a été correctement menée d’un point de vue méthodologique, ne montre aucun effet de la réduction du stress par la pleine conscience sur le nombre de jours de migraine chez les adultes souffrant de migraine, par rapport à un groupe témoin ayant reçu une éducation concernant les maux de tête. Après 36 semaines, une amélioration a néanmoins été observée dans les critères de jugement secondaires, tels que l’invalidité, la qualité de vie, l’autonomie, la dramatisation de la douleur et les symptômes dépressifs. La douleur induite expérimentalement a également été jugée moins intense et moins désagréable. Ces critères de jugement peuvent être considérés comme plus pertinents pour l’effet de la pleine conscience en cas de migraine. Il est donc certainement utile de poursuivre la recherche en privilégiant ces critères de jugement.

Cette étude, de bonne qualité méthodologique mais basée sur des études hétérogènes, éclaire sur le choix des stratégies à adopter pour améliorer la fréquence et/ou la qualité des contacts sociaux. L’augmentation de l’accès à un réseau social permettrait d’accroître la fréquence des contacts, tandis que les interventions psychologiques en amélioreraient la qualité.

Cette étude contrôlée randomisée réalisée en ouvert, en Chine, avec des évaluateurs d'effets mis en aveugle, montre qu'un programme combiné d'expression artistique visuelle et de narration d'histoires (storytelling) chez des personnes âgées souffrant d'un trouble cognitif léger (TCL) n'induit aucune amélioration du fonctionnement cognitif global par rapport à des activités de puzzle en groupe. Il existe bien une amélioration par rapport aux activités habituelles (sans intervention supplémentaire), tant au niveau du fonctionnement cognitif global qu’au niveau de certaines fonctions cognitives spécifiques (mémoire à court terme, attention, fonctions exécutives et langage), au niveau de la dépression et de l'anxiété, tant à court qu’à long terme (6 mois après l'intervention). La pertinence clinique de ces résultats n'est pas clairement établie. Des études correctement conçues dans des populations occidentales sont nécessaires pour évaluer un effet cliniquement pertinent de l'art et de la narration d’histoires, tant en utilisation combinée qu’en utilisation séparée.

Faut-il prescrire deux antidépresseurs dans la dépression de l’adulte ?

Diehl J.

Minerva 2023 Vol 22 numéro 5 pages 104 - 107


Cette revue systématique et méta-analyse de bonne qualité méthodologique met en évidence une efficacité supérieure de la combinaison de 2 anti-dépresseurs dans le traitement de la dépression sévère de l’adulte, que ce soit en première intention ou en traitement de seconde ligne chez les non-répondeurs. Les abandons de traitement, y compris du fait d’effet indésirables, ont été peu détaillés. Les raisons spécifiques de ces arrêts ne sont pas spécifiées et les interactions peuvent également ne pas avoir conduit à des arrêts, notamment sur la durée de l’étude.

Cette étude en grappes, randomisée, en simple aveugle, multicentrique, qui présente d’importantes limites sur le plan méthodologique, montre qu’une alimentation en pleine conscience associée à un traitement standard réduit les comportements alimentaires émotionnels et externes. On ignore cependant quelle est la pertinence clinique de l’effet car la taille d’effet, à la fois après le traitement et après une année de suivi, était faible à modérée. Il n’y a pas eu de perte de poids, mais l’étude n’était pas conçue pour démontrer ce point.

Cette revue systématique avec méta-analyse, qui a été correctement menée d’un point de vue méthodologique, montre que, dans une certaine mesure, les exercices avec bande de résistance réduisent la fragilité (après 24 semaines) et les symptômes dépressifs (après 12 et 24 semaines) chez les personnes âgées fragiles. La force des preuves est faible en raison du risque élevé de biais des études randomisées contrôlées incluses, dû à l’absence de mise en aveugle des patients et des aidants proches, et en raison du risque possible de biais de publication. De plus, les études sont cliniquement très hétérogènes (elles diffèrent par le volume et la durée des exercices de résistance et par la manière de mesurer le résultat), ce qui rend difficile une interprétation correcte des résultats.

Cette revue systématique avec méta-analyse directe et méta-analyse en réseau montre que le traitement pharmacologique du trouble panique par les ISRS est associé à un taux élevé de rémission et à un faible risque d’effets indésirables par rapport aux autres psychotropes. Parmi les ISRS, la sertraline et l’escitalopram ont le meilleur profil en termes de rémission et d’effets indésirables. La synthèse méthodique et les méta-analyses sont de bonne qualité méthodologique, mais les études randomisées contrôlées incluses présentent un risque de biais modéré à élevé.

Les auteurs de cette synthèse méthodique avec méta-analyse parviennent à la conclusion que la danse-thérapie exerce un effet positif sur les fonctions cognitives globales des personnes âgées présentant des troubles cognitifs légers. Nous ne pouvons toutefois considérer cette conclusion que comme hypothétique en raison des importantes limites méthodologiques de la synthèse méthodique et du nombre limité d’études qui présentaient une grande hétérogénéité clinique.

Relation dose-réponse entre l’activité physique et le risque de dépression

Kos D.

Minerva 2022 Vol 21 numéro 10 pages 242 - 245


Cette synthèse méthodique et cette méta-analyse, correctement menées d’un point de vue méthodologique, laissent entrevoir qu’une augmentation du volume d’activité physique jusqu’à atteindre le niveau d’activité recommandé de 8,8 mMET-h/sem atténue significativement la dépression et les symptômes dépressifs. Cette méta-analyse ne tient toutefois pas compte de la qualité méthodologique des études incluses, ne donne pas d’informations sur la causalité de la relation entre activité physique et dépression, ni sur les facteurs de confusion éventuels, comme le contact social.

Cette étude randomisée contrôlée, menée en ouvert, qui a été menée correctement d’un point de vue méthodologique, montre que l’hypnose, la méditation pleine conscience et l’éducation à la douleur conduisent à une réduction limitée de la douleur chez les anciens combattants souffrant de douleurs chroniques d’origines diverses. Aucune différence statistiquement significative n’a été trouvée entre les interventions à la fin du traitement. L’hypnose et la méditation pleine conscience ont entraîné une plus grande réduction de la douleur et d’autres résultats secondaires 6 mois après l’arrêt du traitement, par rapport à l’éducation à la douleur. Des recherches supplémentaires avec des critères de jugement principaux cliniquement pertinents semblent donc certainement utiles.

Cette étude randomisée contrôlée, pragmatique, menée en ouvert montre que l’utilisation en autogestion d’une application mobile destinée à aider à réduire les FODMAP dans l’alimentation, comparée à un traitement par antispasmodiques, entraîne une diminution des symptômes du syndrome du côlon irritable (SCI) à court terme chez les adultes qui en souffrent. La différence est toutefois limitée et s’estompe après un suivi à plus long terme. Par ailleurs, l’étude n’a pas montré de différence en termes de qualité de vie. Elle manque également de clarté quant au calcul de la puissance et à l’analyse de certains critères de jugement, comme l’observance du traitement et la satisfaction par rapport au traitement. Enfin, elle ne reflète pas non plus le critère de jugement primaire de manière transparente.

Cette méta-analyse de données individuelles de participants n’a pas retrouvé de différence significative dans le délai de survenue d’une récidive dépressive entre l’intervention psychologique durant la décroissance de l’antidépresseur et le maintien de l’antidépresseur seul. Malgré les limites méthodologiques, cette étude, en accord avec les guides de pratique clinique belges, conforte les données invitant à laisser le choix au patient d’une prise en charge par antidépresseur seul au long court ou d’une décroissance posologique assortie d’une psychothérapie de type MBCT ou PCT.

Cet essai randomisé montre que chez les patients avec une dépression modérée à sévère recrutés dans un contexte de soins primaires, la thérapie cognitivo-comportementale assistée par ordinateur ajoutée aux soins habituels est plus efficace que les soins habituels seuls, avec un effet global qui reste modeste. La méthodologie de la recherche ne convainc cependant pas de la plus-value clinique du programme d’assistance par internet par rapport à une TCC conventionnelle.

Les antidépresseurs diminuent le risque de rechute, mais un sevrage réussi est possible

Van Leeuwen E. , Christiaens T.

Minerva 2022 Vol 21 numéro 6 pages 132 - 135


Il ressort de cette étude randomisée, contrôlée par placebo, en double aveugle, chez des patients en première ligne, qui a été correctement menée d’un point de vue méthodologique, que, parmi les patients souffrant de dépression récurrente, une récidive de la dépression dans l’année a été observée chez 56% des patients qui ont arrêté leur antidépresseur contre 39% des patients qui ont continué leur antidépresseur (ce qui revient à un NNH de 6 pour l’arrêt). Les résultats de l’étude ne peuvent pas être entièrement extrapolés à la médecine générale car, la plupart des utilisateurs à long terme d’antidépresseurs en première ligne, n’ont connu qu’un seule ou aucune dépression antérieure, ce qui contraste avec le taux élevé de récidive dans la population étudiée. Des études sont nécessaires sur l’arrêt des antidépresseurs chez les patients présentant des symptômes dépressifs plus légers, ainsi que sur l’effet de schémas de diminution progressive plus lents.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse en réseau de composants montre que les patients bipolaires traités pharmacologiquement devraient également bénéficier de psychothérapie centrée sur les stratégies de gestion de la maladie et le développement de capacités d’adaptation ; cela étant plus particulièrement avantageux sous un format de groupe ou familial/en couple. Malgré la bonne qualité méthodologique de l’étude, les études originales incluses sont le plus souvent de faibles effectifs, avec des résultats parfois exploratoires (absence de comparaison directe), des durées de suivi très variables et un profil des patients bipolaires inclus inconnu ou hétérogène, ce qui limite fortement la transférabilité de ces résultats à la pratique quotidienne et à la question de « quelle psychothérapie pour quel patient ».

Cette étude de cohorte montre que les patients de 25 à 64 ans présentant une dépression sévère, résistante après 3 mois de traitement par un premier antidépresseur, pour lesquels une stratégie d’augmentation de la prise en charge par ajout d’un antipsychotique de seconde génération a été initiée, présentent une surmortalité par rapport à ceux bénéficiant d’une bithérapie antidépressive. Le biais de sélection limite la transférabilité des résultats à la population générale et invite à une réplication des résultats dans d’autres études comparatives. Toutefois, l’étude conforte les recommandations des guides de pratique clinique encourageant à éviter cette stratégie dont le rapport bénéfice/risque n’apparait pas favorable. Pour le médecin généraliste, l’échec d’un traitement antidépresseur bien conduit pendant 3 mois peut conduire à adresser le patient à un confrère psychiatre.

Cette synthèse méthodique et méta-analyse de 11 études randomisées contrôlées de qualité méthodologique indéterminée montre que, chez les patients présentant un risque accru de rechute de dépression, il n’y a pas de différence quant au risque de rechute entre la poursuite du traitement par antidépresseurs et l’arrêt ou la diminution progressive des médicaments en association avec une psychothérapie. Lorsque les antidépresseurs sont associés à une psychothérapie, le risque de récidive est plus faible que si l’on se contente de continuer les antidépresseurs.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse, qui a été correctement menée d’un point de vue méthodologique, de 17 études hétérogènes qui présentent souvent un risque élevé de biais montre, avec un niveau de preuve élevé, que la thérapie comportementale dialectique pendant les 12 premiers mois, par rapport à la prise en charge habituelle (améliorée), réduit le risque de récurrence d’automutilation chez les enfants et les adolescents. Aucun effet de la thérapie familiale n’a pu être montré par rapport à la prise en charge habituelle (améliorée), et ce avec un niveau de preuve modéré. D’autres interventions psychologiques spécifiques, y compris la thérapie comportementale individuelle, n’étaient pas meilleures que la prise en charge habituelle (améliorée), mais, en raison d’un manque d’études et du risque élevé de biais dans plusieurs études, nous ne pouvons pas tirer de conclusions définitives à ce sujet.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse, incluant dix études randomisées contrôlées, qui a été menée correctement d’un point de vue méthodologique et dont le risque des différents types de biais est indéterminé, nous permet de conclure que l’utilisation d’antidépresseurs, par rapport à un placebo, chez des patients atteints de démence et de dépression selon des critères diagnostiques validés ne réduit pas les symptômes dépressifs, que ce soit à court terme ou à long terme. Vu l’absence de critères clairs, elle ne nous permet pas de tirer de conclusion à propos de l’effet sur la réponse et sur la rémission. Il existe suffisamment de données probantes montrant que les antidépresseurs peuvent provoquer plus d’effets indésirables (graves) dans cette population de patients. Il n’y avait pas d’indice significatif d’une différence entre les divers antidépresseurs quant à l’efficacité, la tolérance et la sécurité.

Cette étude suggère l’existence d’un bénéfice associé à la réhabilitation respiratoire sur les symptômes de dépression et dans une moindre mesure d’anxiété. Les résultats ne permettent toutefois pas de conclure formellement à l’existence d’un bénéfice durable, et ne permettent pas de comparer les types de réhabilitation entre eux. Cette étude ne permet pas non plus de déterminer quel groupe de patients bénéficiera le plus de ce type d’intervention. Enfin, elle n’a pas exploré l’effet de l’intervention sur la qualité de vie.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse de petites études randomisées contrôlées hétérogènes montre que des anti-inflammatoires comme les AINS, les acides gras insaturés oméga-3, les statines et la minocycline, versus placebo, réduisent les symptômes dépressifs de manière statistiquement significative chez les adultes atteints de dépression majeure. On ne sait pas encore dans quelle mesure le résultat est également pertinent sur le plan clinique et s’il se maintiendra sur le long terme.

Cette étude randomisée pragmatique, multicentrique, contrôlée par placebo, de bonne qualité méthodologique, permet de conclure que l’ajout de mirtazapine à un traitement déjà existant (ISRS ou un ISRN) chez des patients atteints de dépression résistante au traitement, en pratique de médecine générale, n’apporte pas de plus-value clinique. En outre, nombreux sont les patients qui ont arrêté de prendre la mirtazapine à cause d’un effet indésirable.

Que penser de la pharmacothérapie contre la phobie sociale ?

Sabbe B. , Verhoeven V.

Minerva 2019 Vol 18 numéro 8 pages 89 - 93


Les résultats de cette synthèse méthodique avec méta-analyse, qui a été menée correctement d’un point de vue méthodologique, permettent de conclure à la démonstration de la plus-value clinique des SSRIs, des IMAOs, IRMAOs, des benzodiazépines et des analogues du GABA pour le traitement de la phobie sociale. Malgré le fait que la plupart des études portaient sur les SSRIs, l’effet de ces derniers se voit attribuer un niveau GRADE très faible. Outre le signalement d’un biais de publication et d’un biais de sélection, une importante hétérogénéité statistique a été montrée. Cette hétérogénéité reflète peut-être tant les différences réelles en termes d’efficacité entre les différents médicaments que les différences en termes de méthodologie des études et des caractéristiques cliniques des patients.

Cette étude de bonne qualité méthodologique démontre qu’une prise en charge de la douleur chronique au moyen de séances de psychothérapie cognitive comportementale ou éducatives, réalisées en groupe et de forme simplifiée, dispensées auprès d’un public économiquement défavorisé, est envisageable et au moins aussi efficace que les soins usuels.

Cette étude randomisée contrôlée, publiée en 2017, montre que le passage précoce aux soins palliatifs sous la forme d’une consultation mensuelle avec un médecin spécialiste en soins palliatifs améliore la qualité de vie et l’humeur après 24 semaines chez les patients chez qui un cancer a été nouvellement diagnostiqué. D’après une analyse secondaire, il semble que l’ampleur de l’effet dépende du type de cancer.

Cette synthèse de la littérature avec méta-analyses de bonne qualité montre que deux tests présentent une bonne performance pour la détection d’une dépression majeure chez des sujets présentant une démence non sévère : le Cornell Scale for Depression in Dementia (CSDD) et le Hamilton Depression Rating Scale (HDRS).

Les résultats de cette étude d’observation suggèrent que, parmi les aidants proches de patients qui ont quitté le service des soins intensifs, le pourcentage de ceux qui souffrent de symptômes de dépression est important. D’après cette étude, la chronicité de ces symptômes dépend plus de certains aspects de l’aidant proche que des caractéristiques du patient.

Cette étude qualitative montre que, parmi les médecins généralistes, il existe différentes manières de déterminer et de prendre en charge l’incapacité de travail et d’accompagner la reprise du travail chez les patients présentant des symptômes de dépression.

Cette étude randomisée, contrôlée, menée chez des adultes souffrant de dépression majeure en première ligne montre que l’activation comportementale proposée par des intervenants sans formation thérapeutique poussée est aussi efficace et efficiente que la thérapie cognitivo-comportementale proposée par des psychothérapeutes professionnels.

Cette méta-analyse sur base des données individuelles des patients montre que la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience est un traitement valable pour la prévention des rechutes dépressives chez les personnes qui ont guéri d’une dépression mais qui présentent un risque élevé de récidive.

Cette méta-analyse en réseau confirme les précédentes données : l’intérêt des antidépresseurs dans le traitement du trouble dépressif majeur chez l’enfant et l’adolescent est mal prouvé, le risque (d’idéation) suicidaire est (très) mal rapporté pour la majorité de ces médicaments (mais avéré pour la venlafaxine), dans l’ensemble de la littérature disponible.

Cette étude clinique randomisée, contrôlée, menée en double aveugle auprès d’un grand nombre de fumeurs motivés, correctement menée d’un point de vue méthodologique, montre que l’utilisation de la varénicline ou du bupropion n’entraîne pas un plus grand risque de symptômes neuropsychiatriques modérés à sévères qu’un placebo ou un patch de nicotine tant pour les fumeurs avec que sans trouble psychiatrique stabilisé. Dans les deux cohortes, il est en outre apparu que le taux d’abstinence était plus élevé avec la varénicline qu’avec le bupropion ou le patch de nicotine.

Qu'est-ce qu'un placebo ? (troisième partie)

Chevalier P.

Minerva 2017 Vol 16 numéro 1 pages 26 - 27

Traitement par les exercices physiques pour le syndrome de fatigue chronique ?

Feron J-M.

Minerva 2016 Vol 15 numéro 9 pages 230 - 234


Cette synthèse méthodique de la Cochrane Collaboration montre que, chez les patients adultes atteints du syndrome de fatigue chronique, l’efficacité de la thérapie par l’exercice est supérieure aux soins usuels et similaire à la thérapie cognitivo-comportementale en termes de fatigue, de capacités fonctionnelles, du changement perçu de la santé globale sans effets indésirables sévères plus sérieux que les soins usuels. Cependant, si la méthodologie de cette méta-analyse est rigoureuse, les études incluses sont quasi toutes (très) faibles d’un point de vue méthodologique, si bien que les conclusions ne peuvent qu’au mieux se voir attribuer un niveau de preuve faible. Des études bien conduites pourraient donc remettre en cause ces conclusions.

Les cannabinoïdes à usage médical sont-ils une option thérapeutique ?

Buret L.

Minerva 2016 Vol 15 numéro 9 pages 221 - 224


Cette synthèse méthodique avec méta-analyse aux objectifs larges et de qualité méthodologique correcte mais incluant de très nombreuses études de qualité faible à très faible, ne permet pas de préciser les indications potentielles du cannabis médical et des dérivés cannabinoïdes chez l’adulte. Des études de bonne qualité méthodologique doivent être menées pour chaque indication thérapeutique, souvent potentiellement intéressante pour certaines spécialités et pour le médecin généraliste.

Ajouter de l’aripiprazol en cas de dépression majeure réfractaire chez les personnes de plus de 60 ans ?

De Winter F.L. , Van Buggenhout R.

Minerva 2016 Vol 15 numéro 6 pages 147 - 150


Cette étude randomisée placebo contrôlée menée chez des patients âgés de plus de 60 ans présentant une dépression modérément sévère et réfractaire après un traitement par venlafaxine à forte dose, montre que, sur le court terme, l’ajout d’aripiprazol à faible dose augmente les chances de rémission, mais au prix d’une augmentation des effets indésirables extrapyramidaux, tels que l’acathisie et le parkinsonisme.

Cette RCT en grappes chez des patients dépressifs et multimorbides (diabète et/ou pathologie coronaire) montre que des soins dits « collaboratifs » basés sur une thérapie psychologique brève et intégrés au suivi habituel pourraient réduire les symptômes dépressifs et augmenter les capacités d’autogestion de patients multimorbides. L’ampleur de l’effet est faible et moindre qu’initialement prévue, mais l’étude s’est déroulée dans une population (fortement) précarisée. Cet effet reste à démontrer dans notre contexte de soins belge.

Cette synthèse méthodique de la Cochrane Collaboration confirme que les ISRS n’ont pas d’effet favorable sur les principaux symptômes de la fibromyalgie et qu’ils ne doivent être envisagés que dans le cadre du soulagement des symptômes dépressifs de ces patients.

Cette méta-analyse confirme l’efficacité de la psychothérapie pour le traitement de la dépression sévère en première ligne de soins. Elle ajoute prudemment que la préférence du patient pour un mode d’approche psychothérapeutique déterminé jouerait peut-être un rôle dans le degré d’efficacité de la psychothérapie. Des études sont encore nécessaires pour examiner cette hypothèse.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyses d’études publiées et non publiées montre que, chez les patients atteints de dépression majeure modérée à sévère, l’agomélatine est plus efficace qu’un placebo, et ce de manière statistiquement significative. L’ampleur de l’effet est minime et n’atteint probablement pas le seuil de pertinence clinique. En outre, il ressort des données de pharmacovigilance que l’agomélatine est associée à une toxicité hépatique importante. En conséquence, la place de l’agomélatine est donc très incertaine comme traitement médicamenteux pour les patients atteints d’une dépression.

Cette synthèse méthodique avec méta-analyse de la Cochrane Collaboration montre que les traitements psychologiques sont efficaces dans le traitement des symptômes de la dépression et de l’anxiété chez les patients atteints de démence. Étant donné la forte hétérogénéité clinique des études incluses et leurs limites sur le plan méthodologique, ces résultats doivent être interprétés avec la prudence qui s’impose.

Acupuncture et conseil comme approche complémentaire de la dépression en première ligne ?

Declercq T. , Poelman T.

Minerva 2014 Vol 13 numéro 8 pages 101 - 102


Pour les patients présentant des symptômes persistants de dépression modérée à sévère, l’acupuncture ou le conseil en association aux soins habituels prodigués par le médecin généraliste peuvent apporter, à court terme, un supplément d’amélioration des symptômes de dépression.

Dépression de la personne âgée : prise en charge coordonnée en première ligne

Foulon V. , Laekeman G. , Liekens S.

Minerva 2014 Vol 13 numéro 6 pages 67 - 68


Cette synthèse des études concernant les nouveaux antidépresseurs (ISRS, duloxétine, bupropione) chez les personnes âgées d’au moins 60 ans montre que leur efficacité n’est prouvée que chez les personnes souffrant de troubles dépressifs modérés à sévères (score de Hamilton ≥ 21) évoluant depuis plus de 10 ans. Dans les autres cas, une efficacité versus placebo n’est pas prouvée.

Cette méta-analyse n’apporte pas d’élément réellement neuf : en cas de troubles dépressifs chez l’enfant ou l’adolescent, l’efficacité d’un traitement par antidépresseur, psychothérapie ou association des deux n’est pas suffisamment prouvée, et les antidépresseurs semblent comporter un risque accru d’idées suicidaires.

Des programmes d’exercices pour les patients âgés déprimés

La rédaction Minerva

Minerva 15 02 2014


Chez des personnes âgées dépressives, la pratique d’un programme d’exercices (endurance + force) sur 3 à 4 mois peut (faible preuve) faire diminuer le niveau de sévérité d’une dépression par ailleurs traitée ou non par un antidépresseur.

Le risque d’allongement de l’intervalle QT sous antidépresseur

Foulon V. , Laekeman G. , Vandael E.

Minerva 2013 Vol 12 numéro 10 pages 127 - 128


Cette étude d’observation montre un allongement dose-dépendant significatif de l’intervalle QTc avec le citalopram, l’escitalopram, l’amitriptyline et la méthadone. Pour les autres antidépresseurs, aucune corrélation significative n’a pu être montrée. Nous ne savons cependant pas bien quelle est la pertinence clinique de cet allongement de l’intervalle QT. En moyenne, aucune dose n’a entraîné un dépassement de la limite à partir de laquelle un intervalle QTc est considéré comme allongé, à savoir 450 msec.

Comme le concluent les auteurs de cette méta-analyse, le bénéfice d’un traitement à long terme avec un médicament antidépresseur n’est pas clair pour prévenir une récidive d’une dépression chez une personne âgée et des recommandations solides ne peuvent pas être faites sur base de la littérature actuelle.

Duloxétine : intérêt versus autres antidépresseurs ?

La rédaction Minerva

Minerva 15 09 2013


Cette méta-analyse de bonne qualité confirme que la duloxétine ne possède pas d’efficacité antidépressive différente de celles des autres antidépresseurs (sans comparaison effectuée versus antidépresseurs tricycliques), mais que le bilan en termes d’effets indésirables n’est pas en sa faveur. Il n’existe donc pas d’argument pour en faire un choix de traitement de la dépression.

Cette étude de bonne qualité, malgré certaines limites, apporte des arguments pour soutenir la thérapie cognitivo-comportementale (pratiquée dans certaines conditions de qualité) chez les patients avec dépression résistante au traitement médicamenteux.

Cette méta analyse de bonne qualité méthodologique mais reposant sur un très grand nombre de petites études de qualité méthodologique mal précisée, montre une ampleur d’effet faible (et de pertinence clinique non déterminée) pour la pratique d’exercices physiques chez des patients atteints d’une maladie chronique présentant des symptômes dépressifs légers à modérés.

Evaluation d’un traitement et fiabilité des outils de mesure

Chevalier P.

Minerva 2013 Vol 12 numéro 1 pages 1 - 1


Cette étude de non infériorité conclut qu’une intervention d’auto-assistance au moyen d’une thérapie cognitivo-comportementale informatisée n’est pas moins efficace que la prise en charge classique pour traiter les symptômes de dépression des adolescents en demande de soins pour sortir de leur état dépressif. L’effet clinique de cette thérapie prometteuse doit cependant faire l’objet d’une recherche plus approfondie au moyen d’études bien menées avec groupe témoin fiable.

L’agomélatine...

Habraken H.

Minerva 2012 Vol 11 numéro 9 pages 105 - 105

Nouveaux antidépresseurs : choix préférentiel ?

Chevalier P.

Minerva 28 06 2012


Contrairement à une précédente méta-analyse, celle-ci, de bonne qualité méthodologique, n’apporte pas de preuve d’une plus-value d’un antidépresseur de deuxième génération versus un autre en termes d’efficacité et de sécurité.

Cette étude rétrospective montre que le recours à des ISRS ou à d’autres antidépresseurs (récents) chez des personnes âgées est associé à plus d’effets indésirables qu’en cas d’emploi des antidépresseurs tricycliques classiques ou apparentés (exception faite de la trazodone qui présente plus d’effets indésirables).

L’efficacité antidépressive des antidépresseurs chez des patients présentant une démence et un état dépressif n’est pas prouvée.

Dépression mineure : antidépresseurs et benzodiazépines efficaces ?

Declercq T. , Poelman T.

Minerva 2011 Vol 10 numéro 7 pages 84 - 85


Cette étude ne montre pas un bénéfice cliniquement pertinent des antidépresseurs versus placebo pour la prise en charge de patients présentant une dépression mineure, entité clinique par ailleurs mal définie dans cette recherche. Pour l’intérêt des benzodiazépines dans cette indication, aucune conclusion n’est possible, par manque d’études.

Cette synthèse exhaustive confirme l’intérêt non prépondérant de la duloxétine dans le traitement de la dépression majeure et l’intérêt secondaire de la venlafaxine versus ISRS et ATC. Cette observation conforte les recommandations actuelles : choisir, si un antidépresseur est nécessaire, entre tricycliques (amitriptyline la mieux évaluée) et ISRS (sertraline la plus efficiente).

Dépression majeure : antipsychotique en ajout à un antidépresseur ?

Wyckaert S.

Minerva 2010 Vol 9 numéro 10 pages 120 - 121


Cette méta-analyse conclut que, en cas de dépression majeure résistant à un traitement antidépresseur, l’ajout d’un antipsychotique atypique à cet antidépresseur augmente la réponse et la rémission pour ces patients. Les nombreuses limites de cette méta-analyse et des études qu’elle inclut et l’augmentation des effets indésirables observée, invitent à un complément d’information.

Cette étude montre, sur une échelle peu adéquate, qu’une thérapie comportementale cognitive (TCC) chez des personnes âgées dépressives en première ligne de soins est plus efficace qu’une simple conversation, sans preuve cependant d’une supériorité cliniquement pertinente versus soins habituels. L’efficacité d’une TCC chez des personnes âgées dépressives reste à montrer.

Cette étude conclut qu’une thérapie cognitive basée sur la pleine conscience est une alternative acceptable à la poursuite d’un antidépresseur pour la prévention d’une rechute de dépression chez un patient qui en a déjà présenté plusieurs. En l’absence de différence significative entre les deux traitements, sauf pour quelques critères de jugement secondaires, le choix entre les deux approches dépendra de la préférence du patient et des disponibilités locales.

Psychothérapie en première ligne de soins pour la dépression ?

Pieters G.

Minerva 2010 Vol 9 numéro 1 pages 2 - 3


Cette méta-analyse montre une efficacité limitée d’une psychothérapie (pratiquée par un non médecin) pour traiter une dépression en première ligne de soins, particulièrement si le patient est référé par son médecin généraliste. L’efficacité de ce type de traitement en fonction de la sévérité de la dépression reste à évaluer.

Nouveaux antidépresseurs : un meilleur choix ?

Chevalier P.

Minerva 2009 Vol 8 numéro 10 pages 138 - 139


Cette méta-analyse en réseau se limite à une comparaison entre nouveaux médicaments antidépresseurs pour traiter les 8 premières semaines d’une dépression majeure chez des adultes ; le choix sélectif qu’elle propose repose sur une méthodologie statistique rigoureuse mais ignore des considérations cliniques essentielles et une comparaison avec des antidépresseurs plus anciens. Les recommandations actuelles ne sont donc pas à modifier en fonction de cette publication.

Sertraline un meilleur choix pour la dépression majeure ?

Chevalier P.

Minerva 2009 Vol 8 numéro 10 pages 140 - 141


Cette méta-analyse conclut à une tendance en faveur de la sertraline versus autres antidépresseurs en termes d’efficacité et d’acceptation pour le traitement d’une dépression majeure. Les preuves apportées sont cependant insuffisantes pour remettre en question les guides de pratique actuels.

Prévention des troubles anxieux et de la dépression chez les personnes âgées

Declercq T. , Poelman T.

Minerva 2009 Vol 8 numéro 10 pages 142 - 143


Cette étude conclut que l’offre d’un modèle d’intervention d’intensité progressive est efficace en prévention d’un passage à une dépression majeure chez des personnes âgées présentant des troubles dépressifs sans atteindre les critères diagnostiques de dépression majeure. Elle ne permet pas de déterminer si certaines étapes de cette intervention complexe sont plus efficaces que les autres, ni si les effets favorables se maintiennent à long terme, ni si cette intervention est coût-efficace.

Nourrissons présentant des problèmes de sommeil : une intervention efficace ?

Van Hoecke E.

Minerva 2009 Vol 8 numéro 6 pages 80 - 81


Cette étude conclut que les interventions comportementales pour troubles du sommeil chez les enfants de huit mois sont efficaces à court et long termes et présentent également des effets positifs sur les sentiments dépressifs de la mère.

Soins palliatifs en fin de vie : des preuves ?

Chevalier P. , Sturtewagen J.P.

Minerva 2008 Vol 7 numéro 10 pages 148 - 151


Cette synthèse méthodique montre des preuves fortes d’efficacité de différents traitements dans la douleur liée au cancer, dans le traitement de la dyspnée en cas de BPCO avec certains médicaments et avec une réhabilitation pulmonaire, dans la dépression (liée à un cancer) au moyen d’une intervention d’aide psychosociale. Pour l’organisation de soins programmés en fonction de l’évolution, la continuité des soins et la charge de travail avec la satisfaction enregistrée pour les soignants, les preuves d’efficacité des interventions sont au mieux modérées. Pour les praticiens comme pour les patients et leur entourage, un moindre niveau de preuve et une ampleur d’effet plus faible (mais statistiquement significative) de certains traitements ou interventions doivent être pris en considération même si des preuves plus fortes pour des traitements médicamenteux (souvent en fonction de fréquence beaucoup plus importante des études (sponsorisées) avec ces médicaments) existent, l’un n’étant pas opposable à l’autre.

Cette méta-analyse incluant des études publiées comme non publiées montre que le seuil de pertinence clinique de l’efficacité des antidépresseurs versus placebo n’est atteint que pour les formes sévères de dépression majeure. Cette conclusion est dépendante du seuil d’efficacité choisi, en référence au guide de pratique élaboré par NICE, mais est concordante avec les recommandations de bonne pratique élaborées en Belgique et récemment publiées.

Rimonabant : risques confirmés

Chevalier P.

Minerva 2008 Vol 7 numéro 8 pages 127 - 127


L’efficacité du rimonabant pour la perte de poids est limitée et une synthèse de la littérature confirme les craintes quant à sa sécurité surtout neuropsychiatrique.

L’usage de cannabis cause-t-il psychose et dépression ?

Avonts D.

Minerva 2008 Vol 7 numéro 8 pages 116 - 117


Les auteurs de cette méta-analyse concluent que l’usage de cannabis augmente le risque de survenue de symptômes psychotiques, indépendamment d’un effet toxique momentané, plus tard dans la vie. D’autres études d’observation restent nécessaires pour conforter ce lien direct, actuellement suggéré, entre consommation de cannabis et troubles psychotiques. Cette étude ne montre, par contre, pas d’augmentation des troubles affectifs sous cannabis.

Thérapie comportementale cognitive pour des plaintes médicales inexpliquées ?

Van Mechelen W.

Minerva 2008 Vol 7 numéro 4 pages 54 - 55


Cette étude montre qu’une thérapie comportementale cognitive (TCC) peut améliorer temporairement la sévérité de plaintes médicales inexpliquées. La pertinence des résultats n’est pas certaine ni leur extrapolabilité à la médecine générale belge. Une recherche effectuée aux Pays-Bas chez ce type de patients montre un bénéfice d’une TCC conduite par les médecins généralistes des patients en question.

Cette méta-analyse conclut qu’un test ne comportant qu’une question n’est pas valide pour le dépistage de la dépression en première ligne de soins. Un test comportant trois questions permet d’identifier huit personnes dépressives sur dix : il peut donc être un instrument utile pour le médecin généraliste, en dépistage, mais nécessite une confirmation ensuite du diagnostic par d’autres approches. L’utilisation d’autres tests plus longs à réaliser, semble ne pas apporter de plus-value en première ligne de soins.

Antidépresseurs chez les enfants et les adolescents

Pieters G.

Minerva 2008 Vol 7 numéro 1 pages 10 - 11


Cette étude montre que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) ont une efficacité limitée dans le trouble dépressif majeur, modérée dans le trouble obsessionnel compulsif et importante dans les autres troubles anxieux chez les enfants et les adolescents. D’autre part, cette étude confirme un risque accru de suicide avec les ISRS dans ces indications pour ces groupes d’âge. Ces observations doivent inciter les psychiatres qui suivent des enfants ou des adolescents à informer correctement ceux-ci et leurs parents, à poser l’indication avec rigueur et à assurer un suivi strict.

Editorial: Recherche déprimante

De Meyere M.

Minerva 2007 Vol 6 numéro 6 pages 81 - 81

Collaboration pour les soins pour traiter la dépression

Chevalier P. , Roland M.

Minerva 2007 Vol 6 numéro 6 pages 82 - 84


Cette méta-analyse montre l’intérêt d’une collaboration au niveau des soins de première ligne pour le traitement de la dépression. L’absence de description précise des interventions, l’inconsistance de la description des prises en charge comparatives, le manque de critères de jugement autres qu’intermédiaires et le manque de données en termes de modification du pronostic de la dépression, ne nous permettent cependant pas de tirer des conclusions pour la pratique.

Lithium en prévention du suicide en cas de trouble dépressif

Pieters G.

Minerva 2007 Vol 6 numéro 4 pages 57 - 59


Cette méta-analyse montre une efficacité du lithium en prévention du suicide, de l’atteinte à sa propre personne et des décès de toutes causes chez des patients présentant un trouble dépressif. Sur base de cette étude, il n’est pas possible de conclure à l’indication du lithium dans tous les troubles dépressifs. Chez les sujets traités par lithium, un suivi soigneux des fonctions rénale et thyroïdienne est à réaliser, ainsi qu’une recherche de signes toxiques éventuels.

Les auteurs de ces deux études concluent que, dans les dépressions majeures résistantes au citalopram, un passage au bupropion, à la sertraline ou à la venlafaxine est efficace chez un patient sur quatre et que l’ajout de bupropion ou de buspirone est également efficace chez un patient sur quatre. Nous ne pouvons cependant tirer aucune conclusion pour la pratique, entre autres en raison de l’absence d’un groupe contrôle. Il n’existe donc que des recommandations basées sur des consensus pour la prise en charge de la dépression majeure résistante au traitement : l’instauration d’une thérapie cognitivo-comportementale ou le transfert vers la deuxième ligne apparaissent être actuellement les alternatives justifiées.

Les auteurs de cette étude arrivent à la constatation qu’il est sensé de poursuivre le traitement par paroxétine durant deux ans chez les personnes âgées présentant une dépression majeure pour réduire le risque de rechute. Des insuffisances méthodologiques fondamentales mettent cependant ces résultats en doute. Nous de disposons pas de preuves suffisantes pour une prise en charge de la dépression majeure récidivante chez les personnes âgées. Les guides de pratique reposent donc sur des consensus d’experts. Ils diffèrent dans le choix du traitement optimal mais concordent pour une durée minimale de traitement de deux ans.

Les auteurs de cette étude comparative effectuée chez des patients présentant une dépression modérée à sévère concluent que le millepertuis n’est pas moins efficace que la paroxétine, et provoque moins d’effets indésirables que celle-ci. Cette étude de non infériorité ne remplit cependant pas toutes les conditions nécessaires au point de vue méthodologie. Nous en concluons donc qu’il n’y a actuellement pas de place pour le millepertuis dans le traitement des formes modérées à sévères de la dépression majeure.

Prise en charge au domicile de la dépression chez la personne âgée

Poelman T. , Rogiers R.

Minerva 2005 Vol 4 numéro 10 pages 157 - 159


Cette étude montre qu'un nombre limité d'interventions thérapeutiques comportementales cognitives, réalisées par des travailleurs sociaux formés, peut réduire les symptômes dépressifs et améliorer le bien être global de patients âgés. Elle concerne cependant une population âgée sélectionnée, aux Etats-Unis, population présentant une comorbidité somatique importante, d'accès difficile et socialement isolée avec des moyens financiers limités. Il n'est pas évident que ces résultats puissent être transposés dans nos soins de médecine générale.

Recherche, source de dépression?

De Meyere M.

Minerva 2004 Vol 3 numéro 7 pages 104 - 104

Utilité d'une supplémentation en fer en cas de fatigue inexpliquée?

Poelman T.

Minerva 2004 Vol 3 numéro 7 pages 112 - 113


Chez les femmes âgées de 25 à 45 ans, souffrant de fatigue inexpliquée avec un taux de ferritine bas (<50 µg/l), un supplément en fer peut être envisagé. Cependant, il est prématuré de recommander la détermination systématique du status ferrique et un traitement éventuel par supplémentation en fer. Une étude contrôlée versus placebo, à grande échelle, de longue durée, avec des scores de santé générale, est nécessaire pour définir quelles femmes tireraient le plus de bénéfice d'une prise de fer.

ISRS versus ADT en première ligne

De Meyere M.

Minerva 2004 Vol 3 numéro 3 pages 45 - 47


Cette première méta-analyse concernant l’efficacité et la sécurité des antidépresseurs en première ligne conclut à la pauvreté du nombre d’études, de faible qualité de surcroît. Les ATD et les ISRS seraient aussi efficaces et les effets indésirables seraient moins souvent observés qu’en deuxième ligne. Pour ce motif, nous plaidons avec les auteurs pour d’autres études en première ligne, également ciblées sur la dépression mineure.

Prévention de la rechute d'une dépression

De Meyere M.

Minerva 2004 Vol 3 numéro 3 pages 40 - 41


Cette synthèse méthodique montre l’intérêt probable d’un traitement antidépresseur prolongé, éventuellement durant un an, pour des patients à risque de rechute. Cette conclusion ne peut cependant être généralisée à la première ligne, l’étude concernant principalement des patients de deuxième ligne.

Sertraline pour la dépression majeure chez un enfant ou un adolescent?

De Meyere M.

Minerva 2004 Vol 3 numéro 3 pages 38 - 39


Les auteurs de cette étude concluent à l’efficacité, la sécurité et la bonne tolérance de la sertraline comme antidépresseur dans la dépression majeure chez les enfants et les adolescents. L’analyse de ce document montre cependant que l’avantage présenté par la sertraline n’est pas cliniquement pertinent et que de nombreux effets indésirables sont possibles; un risque accru de pensées suicidaires ne peut être actuellement exclu. La puissance de l’étude est trop faible pour pouvoir tirer des conclusions séparément pour les enfants et adolescents. La prescription d’antidépresseurs, y compris la sertraline, chez les enfants et adolescents sera, pour ce motif, plutôt réservée au pédopsychiatre.

Traitement de la dépression après un infarctus du myocarde aigu

De Meyere M.

Minerva 2003 Vol 2 numéro 7 pages 119 - 120


C’est la première étude qui montre que la sertraline peut être utilisée dans des indications précises pour le traitement d’une dépression majeure succédant à un infarctus du myocarde ou à un syndrome coronarien aigu. Les limites sont cependant à souligner. L’efficacité est limitée aux patients ayant déjà fait une dépression majeure, toutes les interactions et effets indésirables ne sont pas connus et ce traitement n’est pas recommandé chez des patients présentant d’autres facteurs de risque cardiovasculaire. Une extrapolation des résultats aux autres ISRS n’est pas autorisée.

Les antidépresseurs tricycliques à faible dose sont-ils efficaces?

De Meyere M.

Minerva 2003 Vol 2 numéro 7 pages 117 - 119


Les conclusions de cette méta-analyse rejoignent une précédente publication : le médecin qui prescrit un ADT pour une dépression aiguë majeure ne dépassera de préférence pas la dose quotidienne de 100 mgr. L’efficacité est aussi grande que celle de doses plus élevées d’ADT et le risque d’effets indésirables diminue, ce qui améliore la compliance. Cette recommandation s’écarte des guidelines actuels, comme, par exemple, le NHG-Standaard. Les ADT à faible dose (< 100 mg par jour) sont un premier choix pour le traitement de la dépression majeure en première ligne de soin, sauf pour les patients à risque cardiovasculaire, anticholinergique ou suicidaire accru.

Traitement de la dépression chez la personne âgée

De Meyere M.

Minerva 2002 Vol 1 numéro 10 pages 36 - 37


Cette synthèse méthodique conclut que le nombre de bonnes études est insuffisant pour pouvoir définir l’accompagnement de personnes âgées dépressives.Une synthèse Cochrane montre que les ATC et ISRS sont efficaces. Il n’y a pas suffisamment d’études pertinentes permettant de déterminer la place des psychothérapies. En conclusion, sur base de la littérature scientifique pertinente actuellement disponible, des recommandations évidentes pour la prise en charge de la dépression chez des personnes âgées ne peuvent être formulées.

Le millepertuis est-il efficace dans la dépression majeure?

De Meyere M.

Minerva 2002 Vol 1 numéro 10 pages 35 - 36


Cette étude confirme la non-efficacité du millepertuis dans la dépression majeure. Son utilisation dans la dépression mineure n’est pas encore bien établie parce que le titrage exact des extraits n’est pas connu et que ses effets indésirables, parfois graves, ses interactions, son utilisation chez des personnes à risques sont trop mal connus. Pour toutes ces raisons, il est plus que temps que toutes les formes de millepertuis soient enregistrées comme médicaments et uniquement délivrées sur prescription.

Éditorial: L'evidence-based medicine: un défi pour les médecins et le pouvoir?

De Meyere M.

Minerva 2002 Vol 1 numéro 10 pages 34 - 34