Revue Minerva volume 7 numéro 5 mai 2008
Editorial: Preuve adaptée : reconnaître les limites de l’Evidence Based Medicine
Page 65 - 65
Lemiengre M.
Allaitement maternel exclusif prolongé et risque d’asthme et d’allergie
Page 66 - 67
Van Winckel M.
Cette étude montre que la promotion de l’allaitement exclusif et prolongé ne réduit pas l’incidence d’asthme et d’allergie à l’âge de 6,5 ans.
Moins d’antibiotiques, moins de résistances
Page 68 - 69
Belche J.L., Chevalier P.
Cette étude montre qu’une réduction de prescription d’antibiotiques à l’échelle d’une pratique de médecine générale diminue les résistances observées pour les E. coli et autres coliformes urinaires dans la population concernée par cette pratique. Un bénéfice d’une réduction de prescription d’antibiotiques, pour toute indication, au niveau d’une large population (un pays) peut donc être également observé à un niveau très localisé. Etant donné les conséquences défavorables de l’émergence de germes résistants également en première ligne de soins, cette observation doit encourager encore plus le médecin généraliste à une prescription raisonnée d’antibiotiques.
Revue du traitement par le pharmacien avec communication au médecin généraliste
Page 70 - 71
Christiaens T.
Cette étude randomisée apporte des arguments en faveur de deux interventions de mise en œuvre de recommandations issues d’une revue du traitement médicamenteux : l’envoi par le pharmacien d’un feed-back écrit au médecin généraliste ou une concertation individualisée pharmacien-médecin généraliste avec élaboration d’un plan d’action. Sa faisabilité dans le contexte belge semble faible, mais elle invite à réfléchir aux possibilités d’instauration d’une telle revue du traitement médicamenteux de patients âgés polymédiqués vivant au domicile.
AINS pour les lombalgies
Page 72 - 73
Chevalier P.
Cette synthèse méthodique avec méta-analyse montre, chez des patients souffrant de lombalgies aiguës ou chroniques, l’efficacité des AINS versus placebo. Cette efficacité est cependant de faible ampleur, non observée en cas de présence d’une sciatique, non supérieure à celle d’autres médicaments calmant la douleur et mal évaluée versus traitements non médicamenteux. Le risque d’effets indésirables des AINS doit être mis en balance avec ce bénéfice limité.
Traitement chirurgical versus non chirurgical d’un spondylolisthésis dégénératif
Page 74 - 75
de Geeter K.
L’étude randomisée contrôlée contenue dans cette publication ne montre, en analyse en intention de traiter, aucune différence de résultats entre une intervention chirurgicale et un traitement conservateur chez des patients présentant un spondylolisthésis lombaire dégénératif avec sténose du canal médullaire. Les résultats globaux de la recherche (RCT plus étude d’observation) en analyse par protocole montrent un bénéfice en faveur d’une intervention chirurgicale mais demandent confirmation. Vu la faiblesse des preuves disponibles, aucune recommandation ne peut être faite.
Chirurgie versus traitement conservateur prolongé en cas de sciatique
Page 76 - 77
de Geeter K.
Cette étude conclut à l’absence de différence entre un traitement chirurgical ou conservateur d’une sciatique sur hernie discale en termes de douleur ou de capacités fonctionnelles à un an. Les patients souffrant d’une sciatique sans déficit moteur qui ne peuvent supporter la douleur, désirent raccourcir la période douloureuse ou estiment l’évolution normale vers un rétablissement trop lente peuvent choisir de se faire opérer. Les patients qui supportent la douleur peuvent renoncer à la chirurgie sans hypothéquer leurs chances de rétablissement total après 12 mois. Les deux stratégies offrant des résultats semblables à un an, la chirurgie reste une option pour des patients bien informés.
Ibuprofène local ou oral pour une gonarthrose douloureuse ?
Page 78 - 79
Chevalier P.
Cette étude aux nombreuses limites méthodologiques montre, pour une population sélectionnée de patients présentant une gonalgie et non à risque de complications sous AINS, l’absence de différence d’efficacité entre un traitement oral et un traitement local par AINS. Elle montre aussi l’absence de bénéfice pour le résultat de la moyenne du score WOMAC (douleur, ankylose, capacités fonctionnelles et évaluation globale) pour les deux traitements au terme d’un an, par rapport aux données initiales.